samedi 5 avril 2008
Dur, dur...
Hier soir, j'étais bien chamboulé. Ce sont les vacances et pourtant...
J'espère juste que la situation sera meilleure dans les deux prochains mois.
Rencontre avec les parents, le directeur, moi-même pour une mise au point avec deux élèves.
En ZEP, ce n'est pas facile tous les jours. Un gros problème de discipline qui m'empêche souvent de faire cours dans des conditions satisfaisantes. Je fais les leçons à marche forcée. Mes explications sont expéditives faute d'un silence trop long.
J'ai davantage des tons de général que d'enseignant : "en rang", "asseyez-vous correctement", "assis", "taisez-vous", "au tableau", "ici"...
Si on devait me voir dans une classe, on serait bien surpris. Je dis souvent à mes élèves : "je ne suis pas policier". C'est vrai que je suis dans le respect de l'ordre et du calme sans arrêt.
Je réponds à des questions posées par les plus curieux. Je me surprends à savoir des choses. Pour être professeur des écoles, il faut savoir un tas de trucs au regard des questions tous azimuts du jeune public. Heureusement, la curiosité culturelle, moi j'adore ça.
Je me rattache au savoir, aux connaissances... Tout ce en quoi je crois. Tout ce que je pratique depuis longtemps. Tant d'années à l'Université pour ça...
Toutes ces idées d'instruction sont bien ringardes pour beaucoup. Pas assez rentables immédiatement.
Ce qui m'ennuie le plus, c'est que les bons éléments aujourd'hui sont fatigués de l'insolence de quelques trublions.
A mon plus grand regret, le respect du professeur est un lointain souvenir plein de poussières.
Je ne sais pas encore à qui revient la faute de cette fuite de l'autorité mais il est certain qu'elle est préjudiciable pour tous.
Heureuseusement, à la fin de l'heure, une enfant vient à mon bureau et me laisse un joli dessin en partant, avec écrit "pour le maître". Voilà mon petit bonheur. Je m'y accrocherai rien que pour cela à ce métier.
Par conséquent, pas près de battre en retraite.






















