sarkozy_le_havre_photo_afpLe 21 avril 2011, Nicolas Sarkozy s'est rendu au Havre pour présenter sa "politique maritime de la France". Comme le précise les Services de la Présidence sur le site non moins officiel de l'Elysée :

"Le 16 juillet 2009, Nicolas Sarkozy s'était déjà rendu au port du Havre pour présenter son ambition et sa stratégie pour notre politique maritime, au lendemain des conclusions rendues par le Grenelle de la mer. Il s'agit donc aujourd'hui de faire un point sur la mise en œuvre du discours du Havre. Il s'agit d'un enjeu considérable car la France dispose d'un potentiel maritime très important : elle possède le 2e espace maritime mondial (plus de 11 millions de km2)".

Eh oui, la France est grande comme un timbre-poste quand on regarde un globe terrestre, mais voilà qu'on est le deuxième espace maritime....c'est fort ça ? Et alors qu'en dix ans le trafic maritime européen a augmenté de 60 % (attention les chiffres arrivent !), les ports français n'ont pratiquement pas profités de cette croissance dont la part de marché en Europe chute à 14 %. La croissance du trafic maritime en France (+ 8 % entre 2009 et 2010) est près de deux fois plus faible que la croissance notée au niveau mondial et européen (+ 14 %). La faute à pas de chance ? Non, tout cela, c'est à cause de la CGT ! Les conflits sociaux perturbent le trafic maritime et les bateaux vont voir ailleurs, vers des contrées plus tranquilles et plus certaines, socialement : Anvers, Rotterdam, par exemple.

Tant pis pour la France, ce sont les autres qui en profitent.

D'ailleurs, lors de sa visite, la CGT a refusé de s'entretenir avec Nicolas Sarkozy. C'est dire l'esprit de dialogue qui règne chez les démocrates de la CGT. Le Havre a donc été très honoré qu'on fasse de cette ville le grand port de Paris. Par contre, Rouen a été la grande oubliée. Pour changer.

Valérie Fourneyron, député(e)-maire de Rouen (précision importante car parfois on peut se demander...), a été toute émue qu'on ne parle pas de ce très beau port de Rouen, pourtant très compétitif et blablabla selon le communiqué qu'elle a fait connaître et qui se finissait par ces mots :

"Le discours d'un Président en campagne, venu flatter l'UMP havraise, ne saurait suffire à crédibiliser une véritable politiquesarkozy_le_havre_port_rouen en faveur de l'axe Seine."

Voilà qui va un peu plus nous rapprocher des faveurs présidentielles....Si l'intérêt général passait avant les intérêts politiques, ça se saurait.

Et puis, entre deux containers, Nicolas Sarkozy a parlé de la future ligne à grande vitesse qui reliera Le Havre à Paris, en une heure et quart. Et là, c'est un grand moment de volontarisme politique ou d'énième numéro d'enfumage à grande échelle, au choix.

"Les experts les plus optimistes évoquent une mise en service au mieux en 2020. Eh bien, je refuse ces délais. Je préfère 2017 pour les 500 ans de la fondation du Havre. Si les procédures et règlements actuels ne permettent pas d’aller assez vite, je ferai voter une loi. A projet exceptionnel d’intérêt national, mesures exceptionnelles" (L'Usine Nouvelle). 

 Il a raison de précipiter les choses mais on n'y croit plus beaucoup à ces prises de position nerveuses. On voit juste que les réunions pour noyer le poisson se succèdent aux réunions pour amuser la galerie et rien de concret ne semble aboutir.

Un seul tire son épingle du jeu : Antoine Rufenacht. L'ancien maire du Havre a été nommé à la tête d'un commissariat au développement de la Vallée de la Seine, chargé, entre autre, de mettre en oeuvre la ligne à grande vitesse entre Paris et Le Havre. Grande vitesse façon de parler pour le moment....

Bref, Nicolas Sarkozy se sent mieux au Havre et Rouen passe son tour une nouvelle fois. Enfin, nous avec Laurent Fabius, on a eu Claude Monet et son orchestre. On ne peut pas tout avoir.