« Que vous puissiez, comme la loi actuelle vous y autorise, reprendre vos fonctions de député et prétendre ainsi continuer à être notre représentant parlementaire nous révolte. N’est-ce pas assez d’avoir bafoué l’honneur de votre fonction d’élu et trahi ceux qui vous avaient fait confiance ? Nous, électeurs de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne exigeons, Monsieur Cahuzac, que vous abandonniez votre mandat ».

Voilà ce que vient de demander un collectif de citoyens de la circonscription dont Jérôme Cahuzac était jusqu'à présent le député. Celui-ci, ne doutant de rien, n'avait pas compris de lui-même que ses propos et ses agissements ne justifiaient plus vraiment sa présence à l'Assemblée nationale. Effarant de croire à sa bonne étoile à ce point. Certains élus doivent se penser "élus", pas simplement des citoyens, mais aussi de... Dieu. Carrément.

Ministre du Budget, responsable de l'administration chargée de traquer les fraudeurs fiscaux, Jérôme Cahuzac était de ces crapules qui exfiltrent leur pognon en douce, via la Suisse, Singapour et autre paradis fiscal discret.... Belle vie pour certains billets ! Ils voyagent, eux. 

Tout en appartenant à un parti qui s'affiche volontiers comme un pourfendeur des riches, qu'un certain François n'aime pas mais qui semblent l'entourer aussi. La gauche caviar » est toujours prête à payer plus d'impôts. On comprend maintenant : ll est vrai que quand l'argent est ailleurs, c'est moins risqué.

Heureusement, on pense qu'après chaque crise, ça ira mieux ensuite.

Anne Sinclair, responsable d'un "pure player", Le Huffington Post, version française, dont l'intérêt échappe souvent, vient de commettre un article ne manquant pas d'air. Le titre : Comment endiguer cette crise morale et politique ?

Juge et partie. Crise morale, déjà bien entamée du temps de l'affaire DSK, non ? Le coup de semonce (je m'interdis de faire un jeu de mots sur semonce...) n'a-t-il pas été donné dans un certain hôtel Sofitel ?

Le discrédit moral qu'on oubliera de mentionner, c'est bien celui d'une presse qui s'attache à vendre plus qu'à faire son véritable travail de journaliste. Et l'enquête du juge Edwy Plenel ne suffira pas à sauver la profession. 

Où est l'indépendance ? Où est la pertinence dans ses affaires commerciales que l'on appelle des "journaux" ?

Pour le magazine L'Express, François Hollande est Monsieur Faible. Charmant titre. Dans un mois, le même magazine dira le contraire. Comme il l'a déjà écrit lors de la guerre du Mali. Pour les journaux, comme pour le reste, c'est la crise. Il faut vendre. Il faut que toute cette paperasse vendue chaque semaine reparte sous les bras. Quitte à prendre les citoyens pour des girouettes.

Les médias vont-ils considérer un jour qu'ils sont plus que des commentateurs mais aussi des responsables de la situation politique.

L'opinion fait tout, l'avis de la presse aussi. On ne sait plus qui se sert de qui. L'opinion, c'est elle qui dirige, maintenant et hier aussi. Il faut être Margaret Thatcher pour foncer dans le tas et imposer ce à quoi l'on croit. Quitte à laisser des hommes sur le carreau. L'extrême-gauche ne pense pas autrement et n'a pas fait autrement quand elle avait le pouvoir. A cette « Mme Cromwell » comme la nommait, dit-on, Élisabeth II, on trouve bien des défauts. Son ultra-libéralisme fait tache en France. Pourtant, la dictature de l'ultra-libéralisme fait moins de victimes que les autres. Pas de travaux forcés, pas de wagons, pas de fumées. L'agonie est moins directe, plus lente. Juste des escadrons de chômeurs et des familles brisées.

Rassurons-nous : François Hollande promet des chocs. Pour le moment, il encaisse les coups. La bagarre morale ne fait que commencer.