Le blog de Monsieur Julien (de Rouen)

Chroniques, actualités, Rouen...et tout et tout !

mercredi 3 octobre 2007

Les présidents caricaturés par Moisan

moisan

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lundi 1 octobre 2007

Napoléon et ses petits secrets

Andrea_Appiani_L_Apotheose_De_NapoleonPetit billet sur Napoléon pour cette rentrée.

Je ne voulais pas commencer sur ce sujet. Plutôt faire un article sur Jeanne d'Arc, mais d'autres ont déjà tout dit sur cette actualité brûlante...toujours quand on s'approche du bûcher.

Pourquoi donc Napoléon me direz-vous ? Eh bien, mes chers lecteurs et chères lectrices parce que j'en avais envie. Plus précisément parce que je suis un fainéant et que je n'ai pas beaucoup d'idées en ce moment.

Dimanche, je somnole comme souvent devant la télé et à ma grande surprise après Vivement Dimanche avec Muriel Robin et Line Renaud, je vois que France 2 n'hésite pas à programmer une émission d'histoire du doux nom putassier* "Secrets d'Histoire". Le premier volet est consacré à mon héros et sur sa mort : "Napoléon est-il mort empoisonné?" On ne parle plus que de lui pour les conditions de sa mort. Pour le reste, il subit les plus basses critiques ou les comparaisons anti-sarkozistes. Pauvre Napoléon !

Il y avait pour ce numéro les plus grands spécialistes napoléoniens : Jean Tulard bien sûr, Thierry Lentz, Jacques-Olivier Boudon (qui fût un de mes plus brillants professeurs).... D'ailleurs, c'est le pape de l'historiographie napoléonienne Jean Tulard qui m'a interpellé le plus. Le pauvre, comme toutes les références, est appelé pour tout et à la fin, il dit des trucs....pour se lâcher. Notamment ces paroles de Napoléon sur Joséphine : "Elle a le plus joli c... que je n'ai jamais vu" ou "ma petite forêt noire". C'est pas mignon...Comme l'ancien professeur Tulard a supervisé la correspondance générale de Napoléon, on napoleon_1840peut avoir toute confiance en ces propos.

L'histoire officielle a retenu que Napoléon, le 5 mai 1821, était mort d'un ulcère de l'estomac, comme son père. Rien d'extraordinaire donc. Mais voilà, Napoléon n'est pas une vulgaire madame Michu. Et ça spécule à mort sur sa mort. Après la branlée de Waterloo, Napoléon se rend de lui-même aux anglais (encore eux) espérant être un exilé protégé. Il n'en fût rien. Comme Napoléon s'était déjà échappé de l'Ile d'Elbe, les Anglais envoyèrent le "général Bonaparte" loin, loin, loin...au milieu de l'océan Atlantique, sur un rocher humide : ce sera l'exil sur l'île d'Elbe. Pour sa retraite forcée, Napoléon est suivi de fidèles et d'opportunistes dont un certain général Montholon qui voit en Napoléon un bon placement. Montholon a en effet une vue sur le testament de Napoléon. Mais à son tour, Napoléon ne se désintéresse pas de tout et pour occuper ses journées, ne rechigne pas à se taper les trop rares femmes de son entourage. Et en particulier, la femme de Montholon, Albine qui aux dires de J.-O. Boudon est "une dévergondée". En gros, une chaudasse qui dit oui à tout le monde. Seul le train ne lui était pas passé dessus...et pour cause, il n'existait pas. Le général Gourgaud, un vrai fidèle, un peu excessif, voyant cette passion entre Napoléon et Albine, en arrivera même à faire des scènes de jalousie à Napoléon. L'Empereur s'en séparera et il dira plus tard, selon le très sérieux Jean Tulard : "s'il était resté, il aurait fini par m'enc...".

On peut donc croire possible cette thèse qui aurait poussé le général Montholon, blessé, a tué à petit feu l'Empereur par d'infimes doses d'arsenic, qu'il aurait mélangé à son vin quotidien. Les preuves sont aujourd'hui peu certaines dans leurs explications. Il n'en reste que les nombreux tests sur des cheveux de l'Empereur montrent des doses anormales d'arsenic. Toutefois, en 1840, lors du rappatriement des cendres en France et que l'on a ouvert le tombeau, le corps de Napoléon n'avait aucune trace d'intoxication à l'arsenic. Etrange.... Cependant, les choses ne sont pas simples et les passionnantes études de Ben Weider et David Hapgood, convaincus de la mort à l'arsenic, laissent des zones d'ombre. Et personne ne peut Portraitgraphik_Napoleonêtre catégorique.

On dit même que le Napoléon qui est aux Invalides n'est pas Napoléon mais son valet Cipriani ! Sur ce point, on peut dire que c'est une bêtise, largement vérifiable.

J'ai appris (ou plutôt eu confirmation) que le médecin personnel de Napoléon, Antommachi qui a fait l'autopsie lors du décès de Napoléon, a aussi découpé le...membre impérial, vendu en 1969 pour 38000 Dollars. Il serait bientôt mis en vente aux enchères. Si vous êtes intéressé(e), alors à vos bourses !

Pour ma part, je crois en cette hypothèse pas très développée de dire que Napoléon aurait demandé à ce qu'on l'empoisonne petit à petit. Le général Montholon aurait été chargé de la funeste tâche. Je ne sais plus où j'ai eu vent de cette fin furieusement romantique mais je l'aime particulièrement. Comme j'aime particulièrement la vie de l'Empereur.

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lundi 26 février 2007

L'engagement de Jacques Le Goff

LeGoff_JacquesJe suis un universitaire à la retraite qui ne connaît aucun candidat. Homme de gauche, j'ai milité à la base de 1958 à 1962, au Parti socialiste unifié (PSU), pour rendre à la gauche sa dignité perdue pendant la guerre d'Algérie.

Nicolas Sarkozy, qui me fait peur depuis longtemps malgré ses qualités, m'a inquiété un peu plus après son voyage à Washington. Les éléphants du Parti socialiste se sont auto-exclus : Lionel Jospin par sa déclaration d'abandon de la vie politique en 2002, sur laquelle il ne peut revenir ; Laurent Fabius a commis la grosse erreur de soutenir le non au référendum européen sans tenir compte des ouvertures que ce texte imparfait contenait.

L'hostilité envers Ségolène Royal de pseudo-intellectuels, un quarteron de soi-disant intellectuels qui laissent entendre aux Français qu'ils ont une pensée politique, a fait déborder le vase. Ségolène Royal, ancienne collaboratrice de François Mitterrand, a trouvé un nouveau type de rapport avec ses électeurs. La démocratie participative, qui, maintenue loin du populisme, est un progrès démocratique, ne se laisse pas affaiblir par les utopies de l'ultragauche.

Ceux qui ont travaillé avec elle me l'ont décrite autoritaire, tant mieux. Il faut, au sommet de l'Etat, de l'autorité qui ne soit pas l'autoritarisme qu'affiche Nicolas Sarkozy. On dit que la France veut être gouvernée au centre. Je ne le crois pas. Le sympathique épisode François Bayrou transformera au second tour un partage de ses voix je crois majoritairement en faveur de Ségolène Royal.

On la dit inexpérimentée : qu'on regarde sa carrière. On la voit peu connue en Europe et dans le monde. Elle a entamé, ailleurs qu'à Washington, une tournée de présentation, qu'elle étendra si elle est élue. Tant mieux si elle a encore à apprendre. J'ai aimé qu'elle aille en Chine, grande puissance potentielle, apprécier les réussites et les dangers d'un tournant encore peu démocratique.

De tous les candidats elle est, me semble-t-il, celle qui s'intéresse le plus à l'enseignement, qui doit rester, modernisé, la base de la démocratie républicaine. Les enseignants, qui font la fine bouche devant elle, finiront par la rejoindre et la soutenir, échaudés par les erreurs récentes du pouvoir.moyen_age_jacques_le_goff

Elle n'est pas parfaite, Dieu merci, et certains de ses concurrents ont des mérites. Je la crois la meilleure, nettement. Dans le domaine qui échappe le plus, surtout en ce temps de mondialisation, aux puissants gouvernants, l'économie, je la crois, avec les conseillers qui viendront à elle, la plus capable de défendre les intérêts des Français, et en particulier du monde du travail, qu'elle aime invoquer.

Enfin, c'est une femme. Ce serait bien qu'un des grands pays européens ait à sa tête une femme qui ne soit pas de droite, comme Margaret Thatcher ou Angela Merkel, et que la France prenne place parmi les pays qui ont été dirigés par une femme, comme l'Inde d'Indira Gandhi, ou le sont, comme le Chili aujourd'hui.

Nicolas Sarkozy, qui fait feu de tout bois et ne craint pas de citer Jean Jaurès et Léon Blum, se trouve maintenant des accents gaullistes. Il parle à la France, Ségolène Royal parle aux Français, c'est-à-dire à la France véritable. Il faut qu'une majorité de Français l'élise pour pouvoir lui dire soit, familièrement, "Je vous salue Ségolène", soit, respectueusement, "Je vous salue, je vous suis et vous soutiens, Mme Royal".

Source : Le Monde (23/02/2007)


J'avais envie d'écrire quelque chose ce soir et puis non....Je ne sais pas ce que j'ai en ce moment....Prenant toujours bloch_marc_apologie_histoire_historienbeaucoup de plaisir à butiner sur la toile, j'ai découvert une réfèrence à cet article sur le site du parti socialiste dans un commentaire. Je m'y suis donc référé ("l'historien doit aller vérifier aux sources" Monsieur Julien). Et voilà, je vous livre ce bel avis du grand médiéviste qu'est Jacques Le Goff. Comme tout est dit, je ne vais pas redire (et mal en plus...) ce qu'a si bien exprimé Jacques Le Goff. Comme quoi, on peut (ou on doit) s'intéresser au Moyen-Age et avoir une vision lucide de notre temps....

Je vous mets un lien également vers le Blog de l'Histoire : le comité de la revue se met donc à la page du journal quotidien sur le Net. Permettez-moi ici d'en saluer les très éclairés contributeurs. Et puis, parce que l'Histoire ne me quittera pas de si tôt, je vous renvoie à l'un des ouvrages de Marc Bloch*, grand historien s'il en fût. Voilà donc une saine lecture programmée pour les vacances d'hiver....

Ah! Qu'il était bon le temps des cours d'Histoire....Qu'il était bon le passé.


*Historien français, spécialiste du Moyen âge, co-fondateur avec Lucien Febvre, de la revue Annales d'histoire économique et sociale. Patriote ardent, il est un résistant actif durant l’occupation allemande de la France. Arrêté, torturé, il est exécuté en juin 1944.

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mardi 30 janvier 2007

Citation sur l'Historien

histoire

L'historien est au service de la vérité et non de la morale. Il établit l'exactitude des faits, éclaire les causes d'un événement, en suit le déroulement et en dégage les conséquences. Mais il ne porte pas d'appréciation sur cet événement. Il peint les hommes, il ne les juge pas. C'est à cette condition que l'histoire ne sera pas la mémoire des vainqueurs.
Jean Tulard

Tout est dit, non ?

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mercredi 24 janvier 2007

1er février 1954...

070122121508«Mes amis, au secours! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard de Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel avant-hier on l'avait expulsée. Chaque nuit, ils sont plus de 2.000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu».

«Devant tant d'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent (...) Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait une couverture, paille, soupe, et où on lise sous ce titre “Centre fraternel de dépannage” ces quelques mots: “Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprend espoir, ici on t'aime”.

«La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l'hiver, que ces centres subsistent. Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes: la volonté de rendre impossible que cela dure.»

«Il nous faut pour ce soir et, au plus tard pour demain, 5.000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques»

«Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou les quais de Paris. Merci!»


Le 1er février 1954, l'abbé Pierre lance son fameux appel sur les ondes de RTL. La situation, 60 après, a t'elle beaucoup changé? La neige, les pauvres, le manque de logements....tout est là. Encore, encore, encore...
Cher abbé, que votre message soit médité...

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dimanche 21 janvier 2007

Mort le 21 janvier 1793

louis_XVIpar Mme Campan (1752-1822)

"Louis XVI avait des traits assez nobles, empreints d'une teinte mélancolique; sa démarche était lourde, sans noblesse, sa personne plus que négligée, ses cheveux, quel que fût le talent de son coiffeur, étaient promptement en désordre par le peu de soin qu'il mettait à sa tenue. Son organe, sans être dur, n'avait rien d'agréable; s'il s'animait en parlant, il lui arrivait souvent de passer du médium de sa voix à des sons aigus. Son précepteur, l'abbé de Radonvillers, savant, aimable et doux lui avait donné, ainsi qu'à Monsieur, le goût de l'étude. Le roi avait continué à s'instruire; il savait parfaitement la langue anglaise. Plusieurs fois je l'ai entendu traduire les passages les plus difficiles du poème de Milton : il était géographe habile et se plaisait à tracer et à lever des cartes; il savait parfaitement l'histoire, mais peut-être n'en avait pas assez étudié l'esprit. Il appréciait les beautés dramatiques et en portait de fort bons jugements. Un jour, à Choisy, plusieurs dames se récrièrent sur ce que les comédiens français devaient y représenter une pièce de Molière; le roi leur demanda pourquoi elles désapprouvaient ce choix ? Une d'elles répondit qu'il fallait convenir que était d'un très mauvais goût; le roi répondit que l'on pouvait trouver dans Molière beaucoup de choses de mauvais ton, mais qu'il lui paraissait difficile d'en rencontrer qui fussent de mauvais goût.

Ce prince unissait à tant d'instruction toutes les qualités du meilleur époux, du plus tendre père, du maître le plus indulgent et, quand on songe à tant de vertus, les années qui se sont écoulées depuis la barbarie des factieux et le malheur des Français sont insuffisantes pour se persuader que le crime soit parvenu à l'accomplissement du forfait le plus inouï.

Le roi montrait malheureusement un goût trop vif pour les arts mécaniques. La maçonnerie, la serrurerie lui plaisaient au point qu'il admettait dans son intérieur un garçon serrurier avec lequel il forgeait des clefs, des serrures; et ses mains noircies par ce travail furent plusieurs fois, en ma présence, un sujet de représentations et mêmes de reproches assez vifs de la part de la reine, qui aurait désiré pour le roi d'autres délassements.

Austère et sévère pour lui seul, le roi remplissait exactement les lois de l'Église, jeûnait et faisait maigre tout le carême. Il trouvait LOUIS_XVI_famillebon que la reine n'observât point ces usages avec la même rigueur; pieux dans le coeur, les lumières du siècle avaient cependant disposé son esprit à la tolérance; modeste et simple, Turgot, Malesherbes et Necker avaient jugé qu'un prince de ce caractère sacrifierait volontiers les prérogatives royales à la solide grandeur de son peuple; son coeur le portait, à la vérité, vers des idées de réforme; mais ses principes, ses préjugés, ses craintes, les clameurs des gens pieux et des privilégiés l'intimidaient et lui faisaient abandonner des plans que son amour pour le peuple lui avait fait adopter.”

                                     
Mémoires de Madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette. Paris, Mercure de France, 1988/99, pp. 110-112.

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