jeudi 6 septembre 2007
È morto Luciano Pavarotti
Bien sûr, une grande voix qui part. L'homme aura eu le mérite de mettre des airs du bel canto dans les oreilles de tous et surtout de ceux réfractaires au classique. Pavarotti, ce n'était ni du classique, ni de la variété. Pavarotti, c'était Pavarotti : une vraie marque brevetée, certifiée "voix exceptionnelle". Et c'est déjà pas si mal. Voire très bien.
Une légende que l'on grime facilement, comme le sont tous les gens excessifs et talentueux.
Pavarotti était un monument vocal qui fera date, un ambassadeur de l'Italie dans ce qu'elle a de tradition et de prospérité, un artiste international célèbré par tous.
Je l'aimais quand il chantait le répertoire italien traditionnel ( Funicili Funicula, la donna è mobile et autres tubes de Verdi...), et puis quand il s'est lancé dans cette entreprise mondialo-classico-variétoche, amis de tout et n'importe quoi, devenant le chanteur de l'air populaire et insipide un peu à l'image de ce qu'est Pizza Hut à la vraie pizza ; j'ai trouvé qu'il se perdait un peu, trop rattrapé par le blé...et les pâtes Barilla.
Pavarotti était une Rolls Royce, qui a roulé à la fin de sa vie sur les autoroutes du succès et de la facilité. Qu'un tel talent se gâche ainsi, on peut réellement le regretter. Enfin, maintenant qu'il est mort, on peut le dire...Luciano se teignait aussi les sourcils. Il paraitrait même que Garnier Belle Color et Barilla ont mis leur drapeau en berne... ;-) Enfin, non ça, c'est pas vrai !
Allez ciao Luciano !
samedi 25 août 2007
Raymond Barre nous a quitté
Précisons que pour une fois, nous avions eu le temps de lui rendre hommage au mois de mars de cette année.
Retrouvez cet article.
A lire aussi, et surtout, ce cri du coeur (ou d'ailleurs) publié par notre ami Martin Lothar dont la lecture du blog m'est indispensable un peu plus chaque jour tant sont grandes les qualités humaines et intellectuelles de sa prose. Le loup Martin a perdu un de ses pygmalions (ou pygmaloups).
Ton dernier commentaire était un appel. Et chacun sait, et toi mieux que quiconque, qu'on ne résiste pas à l'appel du loup.
Je compatis, hein?
dimanche 8 avril 2007
Bayrou : un autre choix est-il possible ?
Le candidat UDF est de plus en plus sûr de lui : il est persuadé qu'il sera au second tour et qu'il va gagner. Même s'il n'a enregistré que peu de ralliements jusqu'à présent, il pense également que sa victoire sera comme un électrochoc et qu'elle lui permettra d'attirer des hommes ou des femmes qui viendront des "deux rives".
Comment ressentez-vous la campagne à cet instant ?
La campagne entre dans sa phase décisive. Ce qui est en jeu, maintenant, ce sont les projets de société que nous défendons les uns et les autres, ainsi que les caractères de ceux qui les portent. Nicolas Sarkozy incarne une société violente qui oppose les citoyens les uns aux autres. Une société d'autant plus violente qu'il en vient à penser que c'est à la naissance que tout est joué, thèse totalement anti-scientifique et anti-humaniste. En disant cela, Sarkozy remet en cause les valeurs communes autour desquelles a été construite la société française.
Et Ségolène Royal ?
Ségolène Royal est beaucoup plus hésitante : elle avance une idée avant d'en changer. Mais elle annonce un Etat qui s'occupe de tout, qui prend tout en charge : création d'un service public de la petite enfance, prise en charge générale de la première année de travail, annonce d'allocations de toute nature, un socialisme qui, au lieu de faire grandir la société, l'infantilise en disant : "L'Etat va s'occuper de tout." Ces deux projets de société sont dangereux l'un et l'autre. L'un parce qu'il propose une société violente. L'autre parce que c'est une société du « tout-Etat », alors qu'on devrait en être vacciné depuis longtemps. Mon projet, au contraire, est celui d'une société équilibrée dans laquelle, au lieu de dresser les gens contre les autres, on leur permet de vivre ensemble. Une société dans laquelle, au lieu de demander à l'Etat de tout faire, on permet aux solidarités de s'exprimer, à la société civile d'exister en face d'un Etat qui ne ferait plus que l'essentiel.
Si vous êtes au second tour...
Il n'y a pas de « si ». Dans ce combat-là, il n'y a, pour moi, qu'une seule hypothèse. Je suis candidat pour qu'un souffle nouveau passe sur le paysage politique français. Si l'un de mes deux concurrents est élu, alors on recommencera, comme si de rien n'était, avec la forteresse UMP ou la forteresse PS avec les mêmes à l'intérieur. Tandis que si je suis élu, se mettra en place une majorité nouvelle qui permettra de faire travailler ensemble des sociaux-démocrates - venus du PS et de la droite républicaine - autour du centre dans une majorité progressiste et stable.
Vous n'avez enregistré jusqu'ici que peu de ralliements...
J'attends d'autant moins de ralliements parmi les ténors de la politique qu'ils sont verrouillés par les appareils. En outre, je veux renouveler profondément le personnel politique. Recommencer éternellement avec les mêmes ne correspond pas au souffle nouveau que je veux inspirer. Les Français attendent des générations nouvelles. La France est peuplée de gens de talent. Et je sais très bien que des responsables politiques de premier plan, de gauche comme de droite, me rejoindront rapidement si je suis au second tour.
Pensez-vous être face à Sarkozy ?
Personne ne peut le savoir. Mais ma candidature aurait plus de sens face à Sarkozy. Son projet de société est l'opposé du mien. Mais qu'importe, que ce soit face à Nicolas Sarkozy ou à Ségolène Royal, je serai le même. Ceux qui ont l'intention de voter pour moi viennent des deux rives. Au second tour, je serai le candidat du « travaillons ensemble » contre ceux qui ne voient que le combat des deux camps.
Lancerez-vous un appel à voter pour vous si vous êtes qualifié pour le second tour ?
Je n'en aurai pas besoin. Ma présence au second tour, plus qu'une victoire, sera un électrochoc. Un électrochoc tranquille mais un électrochoc déterminant. Elle témoignera de la volonté des Français de mettre en place un pouvoir apaisé et équilibré. Au lieu d'avoir perpétuellement à sursauter à peine la radio allumée à l'écoute de tel ou tel dérapage, ils auront un président de la République soucieux de préserver le lien social, et attaché à préparer des décisions fédératrices. Les Français aspirent au renouveau qui leur permette de respirer différemment et ne pas se retrouver avec les mêmes que depuis vingt-cinq ans.
Comment envisagez-vous votre majorité à l'Assemblée ?
Très simplement. Dans toutes les circonscriptions il y aura des candidats avec l'étiquette de la majorité présidentielle. Cette majorité sera ouverte. On pourra la rejoindre, venant de l'un ou de l'autre des deux anciens camps. Les Français étant d'une logique absolue, après avoir donné mandat à un nouveau Président, ils créeront une nouvelle majorité. Pour moi, c'est comme deux et deux font quatre. Les Français ne vont pas dire le contraire les 10 et 17 juin de ce qu'ils auront dit le 6 mai.
Qui seront vos ministres ?
Ils viendront des deux rives et auront tous de l'expérience, mais pas forcément celle d'avoir été au gouvernement depuis vingt ans.
Y aura-t-il des gens de la société civile, comme Azouz Begag ?
De la société politique et de la société civile. Azouz Begag est quelqu'un de bien, d'intelligent, de courageux. Il a décidé de dire que ce qu'il avait à dire. Et pour éviter tout reproche, il a quitté le gouvernement. Chapeau.
Avez-vous trouvé votre "Jacques Delors jeune" ?
J'ai une idée...
Et au cas où vous ne seriez pas au second tour.
Je n'envisage pas ce cas-là. Quand un sportif se met à faire des commentaires sur l'éventuelle défaite qu'il pourrait subir, vous êtes sûr qu'il va perdre. J'ai une seule idée en tête : c'est maintenant qu'on a une chance crédible de changer vraiment la politique française. C'est à portée de la main. Les Français peuvent prendre le pouvoir.
Mais quelle serait votre attitude si...
Mon attitude et ma volonté, c'est simple : être au second tour et gagner.
Que pensez-vous des sondages ?
Ils sont encourageants, mais il n'y a qu'un sondage qui compte : celui du 22 avril, quand les électeurs s'exprimeront.
Source : Journal du Dimanche.
mardi 3 avril 2007
Royal : contre l'endettement et les abus bancaires
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Les résultats financiers des banques en 2006 ont augmenté de plus de 30% , et les frais bancaires pour les particuliers et les entreprises sont devenus exorbitants. |
vendredi 9 mars 2007
La liberté de la presse selon Sarkozy
Nicolas Sarkozy ne goûte pas l'opposition de Libération. Le candidat de l'UMP aurait passé un savon à Edouard de Rothschild, principal actionnaire du quotidien, après l'édition du jeudi 1er mars qui titrait « Impôt sur la fortune de Sarkozy : Le soupçon ». Selon diverses sources, Nicolas Sarkozy aurait ainsi qualifié le journal de « sectaire de gauche », position qui « empêcherait sans doute le quotidien de trouver des gens pour le financer ». Laurent Joffrin, PDG de Libé, aurait confirmé mercredi 7 mars en conférence de rédaction la tenue de cet échange « musclé » qui aurait « fait beaucoup rire » Edouard de Rothschild. « Le candidat de l'UMP se laissant même aller à employer des termes "grossiers", qualifiant, paraît-il Libération de "journal de merde" », ajoute le Nouvel Obs.
(source : l'Expansion)
lundi 8 janvier 2007
Bayrou contre TF1
Le candidat UDF à la présidentielle, François Bayrou, a accusé lundi TF1 d'avoir une attitude "engagée" dans son traitement de la campagne présidentielle, en réponse au directeur de l'information de la chaîne de télévision qui l'avait qualifié de "démagogique". "Que le directeur de l'information de TF1 se permette de dire ça d'un candidat à l'élection présidentielle (...), ça montre à quel point la chaîne est engagée", a déclaré M. Bayrou sur RMC. TF1 "n'est pas seulement une chaîne d'information objective, elle est engagée et elle se prononce clairement", a-t-il ajouté.
Dans un entretien au Journal du Dimanche, le directeur de l'information de TF1, Robert Namias, a affirmé que l'"acharnement contre TF1" de François Bayrou est "une stratégie politique". "Je trouve Bayrou démagogique", a-t-il dit. "Visiblement, (il) n'a rien d'autre à dire pour exister en ce moment". M. Namias répondait ainsi à la mise en cause répétée de l'indépendance des médias propriétés de groupes industriels, par M. Bayrou. Le candidat centriste les accuse de chercher à "orienter" les Français vers un "choix préfabriqué" entre Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS).
Le président de l'UDF avait eu en septembre "une explication musclée" à ce propos avec Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte, PDG et vice-président de TF1, la chaîne du groupe Bouygues. A deux reprises, lors de passages au journal de 20H00 de TF1 en septembre puis en décembre, il avait également eu de vifs échanges sur ce thème avec la journaliste Claire Chazal. M. Bayrou s'est senti conforté par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui a constaté vendredi une "bipolarisation excessive au profit de deux candidats" sur "certaines chaînes" de télévision sans les citer.
Source : AFP
samedi 6 janvier 2007
Les nouvelles aventures de Bécachine ?
« Qui va sur la grande muraille conquiert la bravitude »
mercredi 27 décembre 2006
La chanson française est veuve : Pierre Delanoë est mort
Le parolier Pierre Delanoë, qui a signé les textes de plus de 5000 chansons, dont des tubes pour Gilbert Bécaud, Piaf, Michel Sardou, Johnny Hallyday et Charles Aznavour, s'est éteint tôt mercredi à l'âge de 88 ans.
Né à Paris le 16 décembre 1918, Pierre Delanoë suit des études de droit et devient inspecteur des impôts. Il entame sa carrière d'auteur de chansons après la Seconde guerre mondiale en mettant des paroles sur les mélodies de son beau-frère Franck Gérald.
Plus tard, il rencontre Gilbert Bécaud alors chanteur débutant. De leur collaboration va naître une kyrielle de refrains à succès dont «Mes mains», «Nathalie», «Dimanche à Orly», «L'Orange» mais surtout «Et maintenant» ou encore «Je t'appartiens».
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jeudi 23 novembre 2006
Philippe Noiret n'est plus
Né le 1er octobre 1930 à Lille, Philippe Noiret fut un élève médiocre qui rata plusieurs fois le bac et débuta sur des scènes de théâtre parisiennes, notamment aux côtés de Jean-Pierre Darras dans des duos de cabaret comique aux dialogues volontairement absurdes. En 1953, il intègre le Théâtre national populaire (TNP) de Jean Vilar grâce à Gérard Philipe. Il y croise Agnès Varda, alors photographe maison, qui le fera jouer dans son premier film, la Pointe courte (1956). Dès lors, son escapade au théâtre «moderne» semble terminée. Dès la fin des années 50, il figure dans une dizaine de films, plutôt des comédies, dont Zazie dans le métro, de Louis Malle (1960), et la Vie de château, de Jean-Paul Rappeneau (1966), avant qu'Yves Robert ne le rende célèbre avec Alexandre le Bienheureux (1968). Après un bref et intriguant détour par Hollywood ( l'Etau, d'Alfred Hitchcock, 1969), il entame dans les années 70 une série de rôles qui vont rendre définitivement repérable sa silhouette de chanoine onctueux. Notamment parce qu'il devient l'acteur fétiche de quelques réalisateurs français alors émergents, comme Bertrand Tavernier, pour qui il sera un père tragique dans l'Horloger de Saint-Paul (1974), un régent tourmenté dans Que la fête commence (1975) ou un homme sans qualité dans le Juge et l'Assassin (1976). Noiret resta fidèle à Tavernier et réciproquement (cf., entre autres, le «monumental» la Vie et rien d'autre, en 1989, et la Fille de d'Artagnan , en 1994).
Made in France. Sans jamais négliger le filon comique : la Vieille Fille, de Jean-Pierre Blanc (1973), et bien entendu, ultérieurement, firmament de sa carrière, les Ripoux, de Claude Zidi, en 1984, où il fait beaucoup rire en débonnaire commissaire vénal. Mais c'est le patrimoine made in France qui va couronner sa célébrité. En 1976, Noiret obtient un césar (le premier des césars) pour la meilleure interprétation masculine dans le Vieux Fusil, de Robert Enrico (en vengeur de Romy Schneider assassinée par des nazis). Mais toujours dans ces années 70, décidément riches en contraste le concernant, il est aussi à l'affiche de deux films majeurs de Marco Ferreri qui feront grand bruit : la Grande Bouffe en 1973 plus que fraîchement accueilli au Festival de Cannes («Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie») et Touche pas à la femme blanche, en 1974.
Bien qu'il n'ait jamais renié ces films «difficiles», Noiret orientera sa carrière de débonnaire de plus en plus officiel et, de ce fait, congelé dans ce rôle, vers des films nettement moins difficiles : tout au long des années 80, on le verra notamment en Italie, dans la Famille, d'Ettore Scola (1987) et, surtout, gros succès à nouveau, en projectionniste sentimental dans Cinema Paradiso, de Giuseppe Tornatore (1990).
Retraite. Ces dernières années, Noiret se faisait plus rare ( Uranus, de Claude Berri, 1990, J'embrasse pas, d'André Téchiné, 1991, le Facteur, de Michael Radford, 1994, les Côtelettes, de Bertrand Blier, ou les Ripoux 3, 2003), préférant sans doute s'occuper de sa retraite douillette dans sa maison de campagne, dans l'Aude, auprès de son épouse de toujours, la comédienne Monique Chaumette, avec qui il a eu une fille. Ses apparitions en grand témoin à la télévision lui valaient de passer pour un vieux sage un rien cynique et un poil phraseur. «Il me reste tellement peu d'illusions sur la nature humaine que cela devient difficile de se mettre en colère. Je suis désolé par les autres, le monde et moi aussi. Je suis un désolé gai», résumait-il. Ce qu'il n'était probablement pas dans le privé, fidèle à beaucoup de choses, et notamment à de vieux camarades, alter ego de cinéma, comme Jean-Pierre Marielle. «J'ai contribué à l'image de gentleman-farmer que l'on me colle, mais elle n'est qu'une parcelle de la réalité», assurait-il. Philippe Noiret aimait les chevaux, les belles chaussures, les vestes en tweed, les cigares et le cinéma. Le cinéma français.
Source : Libération































