mercredi 23 mai 2007
Joséphine Baker censurée (archives)
Tout commence quand M. Baker ("le 13e de (ses) 12 enfants adoptifs"), patron depuis 21 ans du restaurant "Chez Joséphine", décide d'envoyer fin 2006 15.000 cartes publicitaires illustrées par une aquarelle de 1926 montrant Joséphine dans sa tenue des Folies-Bergères, costume de plumes et seins nus.
"J'avais retrouvé ce très joli dessin, c'était très mignon" "Mais sur les conseils d'une amie, avant d'imprimer, je vais à la poste pour le montrer. Là, le guichetier me dit: +Ca ne va pas du tout, c'est de la publicité pornographique+! Les autres guichetiers, les gens ont commencé à s'attrouper, c'était humiliant !"
Mais M. Baker ne se démonte pas, et demande à l'imprimeur de couvrir les seins d'une écharpe marquée "censuré". Là encore, la carte est refusée: "l'écharpe laissait encore voir un bout de sein!" Le restaurateur finit alors par poster ses cartes, poitrine couverte d'une large écharpe, mais non sans contacter aussi les défenseurs des libertés civiles.
"C'était un malentendu", a dit une porte-parole des services postaux, Pat McGovern, au New York Times.
Jean-Claude Baker prévoit donc de poster mardi en fanfare ses cartes non censurées, avec conférence de presse devant la poste."C'est une petite larme dans la rivière de la liberté... C'est tout l'esprit de Joséphine, ma chère maman".
Source : d'après AFP
lundi 16 avril 2007
Joséphine Baker toujours à l'honneur !
Allez voir Joséphine Baker chanter "Avec"
J'ai appris dernièrement que la chanson Paris Paname, dont j'avais parlée précedemment, était la dernière chanson
de son spectacle, retraçant l'ensemble de sa vie, et donné en 1975 à Bobino.
La dernière des dernières...puisque Joséphine Baker s'en est allée le lendemain (peu après en tout cas).
Le spectacle célébrant les 50 ans de carrière de l'artiste avait commencé le 8 avril. Le 12 avril, la diva succomba d'une hémorragie cérébrale, après qu'elle fût conduite à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.
La patrie reconnaissante, Joséphine Baker eut droit à des funérailles nationales télévisées amplement méritées.
Une artiste qui se sera donnée jusqu'au bout pour notre plus grand bonheur.
Merci Marco pour cette suite que je m'empresse de publier :
"Je vous remercie d'avoir publié mon message. Je suis un très grand fan de Joséphine,et je tenais à ce que l'on n'oublie pas comment elle fut traitée en 1968 : les nouveaux propriétaires des Milandes de l'époque avaient engagés des gens pour l'expulser eux-mêmes de son château. Ils l'ont battue, jetée dehors en chemise de nuit, sous la pluie. A cette époque, elle menait la revue Paris Mes Amours à l'Olympia : elle y chantait bien sur Paris mes Amours, je voudrais, terre sèche, touchez pas mes tomates, Avec, Donnez moi la main, j'aime bcp cette version, en plein mai 68 elle y distribuait de petits bouquets de fleurs de couleurs bleu,blanc,rouge en chantant fleur de Paris. Et à 63 ans, elle a encore dansé un charleston.
Voila quelques souvenirs de Joséphine,je lui avais écrit et bien sur elle a répondu,j'ai toujours cette lettre en souvenir".
Et sur la lettre, sans être indiscret, qu'avait-elle mis?
Joséphine Baker expulsée de son château de Milandes...loin des paillettes !
(photo : site sur Joséphine Baker)
jeudi 8 mars 2007
Paris Paname par Joséphine Baker
Je vous propose d'écouter Joséphine Baker comme sans doute vous ne l'avez jamais entendue. J'avais consacré un article -il y a quelques temps - sur la grande Joséphine qui me vaut quelques visites chaque jour....C'est un peu grâce à Joséphine si mon chiffre de visiteurs s'envole.... Et aussi grâce à Monsieur Sarkozy et son fameux Discosarko...que j'avais réintituler "Discosarko". Merci à eux pour soutenir ce blog. En effet, je ne vous félicite pas pour vos commentaires. Bande d'ingrats. Même le plus court des messages me ravit ! Je ne peux pas dire mieux. Maintenant place au spectacle !
Ladies and gentlemen, en exclusivité mondiale sur le Net, les paroles transcrites de la chanson Paris Paname par Monsieur Julien lui-même (J'attends votre écoute et votre vérification de cette retranscription).
Puisque Paris, c'est une femme, (Paname)
Appelez donc Paris, Paname, (Paname)
Paname, c'est la fleur du pavé que vous pouvez trouver au bord de Seine, (Paname)
Paname, c'est un joli minois qui sait prendre parfois l'air d'une reine (Paname)
Avec tes airs de grande dame (Paname)
Tu es le chic, tu es la femme (Paname)
Paname, pour un simple refrain, tu anoblis quelqu'un et tu l'acclames
C'est ça qui fait Paris Paname Paname Paname Paname Paname
Paris Paname
Paris Paname
Du Sacré- Coeur à Notre-Dame (Paname)
Ecoutez la voix de Paname (Paname)
Paname, c'est un grand (n') escalier une femme empanachée "couleur" de flamme (Paname)
Paname, c'est un peu de mon coeur qui sous les projecteurs voule(vous) enflamme (Paname)
Pour faire l'amour, quel beau programme (Paname)
Tu brûles en nous comme une flamme (Paname)
Paname, tu resteras toujours la ville de l'amour et de la flamme
Alors chantez Paris Paname Paname Paname Paname Paname
Paris Paname
Paris Paname
Je n'oublierai jamais Paname
Ni vous messieurs, ni vous mesdames
Paname, j'ai su garder pour toi comme un bouquet de joie mes chansons nettes
Paname, avec mes deux amours, il a suffi d'un jour pour ta conquête
Alors, merci Paris, Paname
Merci pour tout, du fond de l'âme
Paname, tu seras toujours la ville de l'amour et de la femme
C'est tout mon coeur, Paris Paname Paname Paname Paname Paname
Paris Paname
Paris Paname
mercredi 7 juin 2006
Joséphine Baker éternelle
En juin, nous fêtons le centenaire de la naissance d'une femme d'exception : Joséphine Baker.
L'histoire de sa vie est une source d'enseignements pour aujourd'hui; son parcours, un exemple à faire méditer au plus grand nombre. Les années où elle fit sensation étaient un temps où le simple fait d'être noir pouvait provoquer l'attraction.
Comme elle le disait si justement : "Puisque je personnifie la sauvage sur scène, j'essaie d'être civilisée dans la vie".
Elle adoptera douze enfants, venant des quatre coins du monde.
Son histoire dépasse les différences et en appelle directement aux valeurs humaines les plus belles.
Née à Saint-Louis (Etats-Unis) en 1906 de parents pauvres mais artistes de music-hall, Joséphine Baker doit se débrouiller seule rapidement et vie de petits boulots comme bonne ou serveuse.
Dans les rues et les établissements de Saint-Louis, elle apprend à danser sur les rythmes du nouveau jazz.
Inlassablement, elle perfectionne ses jeux de jambes. Elle monte sur scène pour la première fois à 13 ans grâce à une troupe en tournée, les Dixie Stepperssur. Le directeur de la troupe l'engage comme habilleuse et la promène dans tout le Sud américain. Noble Sissle, l'un des auteurs de "Shuffle Along", La comédie musicale du moment, la remarque dans un numéro de girl comique, repris au pied levé.
Elle part alors pour New York, de nouveau comme habilleuse et en 1922, intégre pleinement la troupe de "shuffle
along" où le "phénomène Joséphine" explose à travers toute l'Amérique. En 1924, elle occupe l'un des premiers rôles dans "The Chocolate Dandies" : Joséphine y louche déjà, tout en se dandinant sur des airs de Charleston.
A Paris, le Théâtre des Champs-Elysées cherche un nouveau souffle. Pour sortir le music-hall d'une passe financière difficile, l'administrateur du Théâtre André Daven, conseillé par le peintre Fernand Léger, décide de monter une revue Nègre : art nègre à l'honneur à l'époque au Musée des Arts Décoratifs.Monteuse de revues, Caroline Dudley, d'origine américaine, est envoyée à Broadway trouver la perle rare : ce sera Joséphine Baker.
Une troupe de 25 artistes arrivent donc dans un Paris plein de libertés, loin de la prohibition. Après des répétitions approximatives, la première revue est donnée le 2 octobre 1925 : c'est un succès considèrable. Le tout-Paris qui s'y est pressé est ravi. Les critiques sont dithyrambiques. Le spectacle était devenu l'événement artistique de l'année. André Levinson, critique dans Comoedia, écrit le 12 octobre 1925 : " C'est elle, de son trémoussement forcé, de ses dislocations téméraires, de ses mouvements lancés qu'émane le jet rythmique.[...] La musique naît de la danse, et quelle danse ! Les déhanchements de la bateleuse cynique et bon enfant, le rictus qui fait grimacer la large bouche, font place subitement à des visions dont tout bonhomie est absente. [...] Certaines poses de Miss Baker, les reins incurvés, la croupe saillante, les bras entrelacés et élevés en un simulacre phallique, évoquent tous les prestiges de la haute stature nègre. Le sens plastique d'une race de sculpteurs et les fureurs de l'Eros africain nous étreignent. Ce n'est plus la dancing-girl cocasse, c'est la Vénus noire qui hanta Baudelaire". D'autres furent plus réservés.
A l'image du Figaro qui, par la plume de son critique et académicien français Robert de Flers, voit la Revue Nègre comme une "offense la plus directe qu'ait jamais reçue le goût français"."la Revue Nègre [poursuit-il] est un lamentable exhibitionnisme transatlantique qui semble nous faire remonter au singe en moins de temps que nous n'avons mis à en descendre. Je sais fort bien que des esprits ingénieux et délicats ont trouvé à ce divertissement une délectation secrète. Pour ma part, il m'a inspiré plutôt de la colère et quelquechose qui ressemble à de la honte"[...]Miss Joséphine Baker en est l'étoile. Va-t-elle nous proposer les gestes de bel animal et les grâces naturelles qui conviennent à sa souple et robuste jeunesse ? A l'instant même où elle paraît, elle contraint ses jambes aux cagnosités les plus affreuses, ses yeux à la loucherie le plus hideuse, son corps à une dislocation qui n'aboutit à aucun tour de force, tandis qu'elle gonfle ses joues à la mode des geunons qui cachent des noisettes".
Les noirs veulent coloniser les blancs par leurs idioties et corrompre la culture europééenne :
voilà l'idéologie qui affleure....dans l'esprit de quelques uns. La Revue Nègre a l'image transgressive et sulfureuse, qui lui fait la meilleure publicité qui soit.
Après avoir bourrée les salles parisiennes, Joséphine part avec la revue à Bruxelles, Berlin....Véritable symbole de liberté et du féminisme naissant, Joséphine inspire la mode vestimentaire (le couturier Jean Poiret peut désormais débarrasser le corps de la femme du corset...), la musique (le charleston fit fureur dans toutes les boites parisiennes), la publicité ( les affiches reprennent la thématique de l'art nègre)....La vie artistique est toute entière tournée vers l'Afrique coloniale et l'amérique noire....Le petit monde artistique de Montmartre et Montparnasse consacre Joséphine : Picasso, Henri Laurens, Van Dongen, Man Ray, Francis Scott Fitzgerald...et tant d'autres.
Puis en 1926, Joséphine Baker enchaine aux Folies-Bergère avec "La Folie du Jour". C'est dans cette revue qu'elle
va immortaliser son personnage : elle arrivait presque nue, descendant d'un arbre avec une ceinture de bananes en peluche.
Parallèlement aux Folies-Bergère, elle ouvre son premier club "Chez Joséphine" avec l'aide son associé Giuseppe Abatino, dit Pepito : elle y danse tous les soirs après les Folies. Après un passage cinématographique catastrophique dans "La Sirène des Tropiques", Joséphine fait ses adieux à la salle Pleyel et entame une tournée mondiale à partir de 1928.
A Vienne, l'opposition conservatrice de droite veut interdire la représentation : l'arrivée de La Baker est un
événement national. Le parlement autrichien discute de la tenue ou non de cette exhibition ! Les Eglises font sonner
leurs cloches pour persuader la population de ne pas s'y rendre. Peine perdue ! C'est un succès.... Partout où elle se déplace, Joséphine Baker suscite la controverse. Pourtant, le monde entier sait qui elle est ! Hongrie, Roumanie,
Italie, Espagne, Allemagne, Danemark, Suède, Norvège, Hollande, Argentine, Chili, Uruguay, Brésil.... !!!
En 1930, Joséphine signe au Casino de Paris : en compagnie de son léopard Chiquita, la star célèbre dans la revue "Paris qui remue" l'empire colonial français, en vogue grâce à l'Exposition Coloniale. Elle y chante deux chansons composées par Vincent Scotto et désormais cultes : "La Petite Tonkinoise" et "J'ai deux amours" qui reçurent un accueil très favorable. Après une nouvelle revue "la joie de Paris" au Casino de Paris, Joséphine s'essaye à l'opérette dans 'La Créole" d'Offenbach. Les critiques sont mitigées mais le public suit pour Baker : le théâtre Marigny est comble. En 1934, elle tourne pour le cinéma et y fait rééllement ses preuves : dans "Zouzou" d'abord , qui était l'histoire de sa vie, et "Princesse Tam-Tam" en 1935 avec Jean Gabin. Après Paris, Joséphine Baker veut faire chavirer l'Amérique : en 1936, elle participe aux Ziegfeld Follies, qui sont un peu les revues parisiennes de Broadway.
Mais l'accueil fut loin d'être favorable : la négresse aux bananes (devenues défenses aux States) n'impressionne pas. Le 10 février 1936, Le Time y va franchement : "Josephine Baker est la fille d'une laveuse de linge de Saint Louis qui est sortie d'une revue nègre burlesque pour connaître soudain à Paris une vie d'adulation et de luxe durant le boom des années vingt. Du point de vue de l'attrait sexuel, pour les Européens blasés genre amateurs de jazz, une fille nègre a toujours une longueur d'avance.
La nuance fauve particulière de la peau nue de la grande et filiforme Josephine Baker a fouetté le sang des Français. Mais pour les spectateurs de Manhattan qui l'ont vue la semaine dernière, ce n'était qu'une jeune négresse aux dents de lapin dont le corps ne valait pas mieux que celui de tant d'artistes de cabaret, et qui pour la danse et le chant, se serait fait évincer pratiquement partout en dehors de Paris". Humiliée, Joséphine se sépare de Pépito et monte son club à New York "Chez Joséphine Baker". L'entreprise marche, Baker retrouve confiance. Mais la mort subite de
Pépito, foudroyé par un cancer, lui ouvre les yeux : les Etats-Unis ne sont plus pour elle. Elle revient à Paris.
Profitant d'une nouvelle Exposition Universelle en 1937, une revue aux Folies-Bergère lui est proposée. Entre temps, elle se marie avec un courtier en sucre, Jean Lion : l'union est éphèmère. Le divorce est prononcé en 1942.
Pendant la "drôle de guerre", Joséphine Baker entre dans le contre-espionnage et donne des renseignements sur les positions allemandes....grâce aux soirées où elle se rend. Elle va soutenir les soldats de la ligne Maginot avec Maurice Chevalier et continue ses revues au Casino de Paris.
Après la défaite française, ses spectacles furent interrompus : elle quitte Paris pour alors le château des Milandes (Dordodgne), qui est sa propriété depuis 1936. Joséphine prend part activement à la résistance de l'intérieur (elle cache des soldats alliés, installe un récepteur radio dans la tour de son château) et continue ses missions de renseignements : elle part pour le Maroc puis le Portugal. Installée à Marrakech, Joséphine tombe malade en 1941. Faisant rechute sur rechute, Baker retrouve cependant un peu de voix et chante régulièrement devant les troupes alliées d'Afrique du Nord.
Au printemps 1943, de Gaulle, installé à Alger, lui remet une croix de Lorraine en or pour services rendus.
Instrument de propagande de la France Libre, Joséphine Baker se produit dans les pays d'Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient, en avion. En remerciement, elle est faite sous-lieutenant des troupes féminines auxiliaires de l'armée de l'air française.
Après la Libération, elle rentre à Paris et descend en uniforme les Champs-Elysées. Refusant de se faire payer,
elle donne des spectacles dans les hôpitaux et les régiments.
Suite à venir...
jeudi 18 mai 2006
Happy Anniversaire Madame Baker !
Réponse à Chouchou :
L'évocation de Joséphine Baker ne m'est pas venue naturellement. Elle fait suite à un reportage diffusé sur France 3 à propos des français d'origine immigrée qui ont réussi (l'émission de mireille Dumas "vie publique, vie privée"). Il faut savoir que Joséphine Baker était une star internationale dans les années 20 et 30. Une vedette hors-norme...parce que noire et riche ! Joséphine a su renverser le penchant raciste de l'époque en créant de la fantaisie dans la danse et la chanson. Les gens venaient voir une négresse et elle, jouant des préjugés, renvoyait de la joie. Son empreinte dans la vie artistique de l'époque est considérable. Sa philosophie de la vie est également remarquable. Ne pouvant avoir d'enfants, elle va adopter douze enfants, de toutes origines qu'elle élevera dans un château en Dordogne. Elle y engloutira ses cachets d'artiste...mais peu l'importe. Avant cela, pendant la guerre 39-45, Joséphine s'engagea dans le contre-espionnage...son métier facilitant les rencontres. Elle se montra une femme courageuse, hors du commun, une femme résistante reconnue et décorée par le général De Gaulle lui-même. Sa vie est exemplaire à plus d'un titre. Alors en juin 2006 fêtons le centenaire de sa naissance avec panache !
N.B. : Bientôt un article sur sa vie .





























