Politicobs - Le blog de Monsieur Julien - Rouen

vendredi 27 janvier 2012

Conférence le 18 février 2012

Conférence

L'armée du Second Empire

par Henri Ortholan

ancien conservateur au Musée de l'Armée

Le samedi 18 février 2012 à 17h45

ROUEN

Salle Ostermeyer 2
11 Avenue Pasteur

Entrée libre

Grenadier_Second_Empire_-_Alphonse_de_Neuville

Le Souvenir Napoléonien m'a envoyé deux affiches en me remerciant par avance de faire la publicité de cet événement.
Je placarde donc virtuellement. C'est plus écologique :-)

Voir les livres du conférencier : ici

Un site Internet à voir : Une promenade au camp militaire de Châlons sous le Second Empire

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dimanche 27 novembre 2011

Dans le mur

le murDoucement mais sûrement, on s'en rapproche. Mai 2012 n'est pas forcément l'échéance, même si l'on verra bien quel mauvais président nous aurons, ou plutôt nous mériterons.

Que dire de celui encore au pouvoir ? Le mieux est peut être de ne rien dire. Ses électeurs se seront bien faits avoir. Les autres qui n'y sont pour rien, aussi. Tant pis pour nous. La politique à la petite semaine qui aura marqué son quinquennat (un fait divers=une loi inefficace) nous aura définitivement pris pour des demeurés. L'appel régulier à faire des efforts contre la protection des plus privilégiés...."36-15, qui n'en veut encore ?" Heureusement, il a un nouveau petit bonheur dans sa vie. On est tous très contents. On verra sans doute la petite Dauphine (le bébé, pas une nouvelle pomme de terre) à la sortie de l'hiver, quand il faudra achever le mou socialiste.

Que dire de celui qui se trouve en tête des sondages et qui ne se lasse pas de ne rien proposer de motivant et d'ambitieux ? Il est né à Rouen. N'est-ce pas déjà une qualité incroyable ? Mais l'ancien gros a déjà plus fait pour Slim-Fast et le régime Dukan réunis que pour la France, en paradant telle une Miss France avec sa bouille dégonflée. Soyons reconnaissants cependant : son élection interne nous aura déjà débarrassé de Sainte Ségolène du Poitou-Charentes. Priez pour elle...la pauvre ! Elle en a pleuré !

Que dire de ceux qui font l'annonce de leur "annonce" future à la présidence de la République ? Ce serait bien des "tocards" au sens hippique du terme. Et puis, ça leur va bien aux deux. Ils sont dans l'élevage de chevaux. Ils s'y connaissent.  

Que dire de la plus arlésienne des norvégiennes, la verte qui voit rouge au travers de ses petits hublots embués, toujours aussi habile à brouiller les pistes et nous effrayer ? Heureusement, elle n'a aucun sens pour faire se lever les foules. Elle assurera à l'écologie un bien mauvais score. Le dogmatisme déconnecté des réalités premières et économiques, asséné avec intransigeance et froideur, n'a rien pour séduire en ces temps où on recherche à sauver ce qui existe plutôt qu'àchanger ce qui marche bien, comme le nucléaire. Nucléaire, fierté nationale et industrielle. Mais c'est vrai que l'ancien juge d'instruction se fout de tout ça.

Que dire du candidat communiste qui n'en était pas et qui le devient par procuration ? M'enfin...Lénine, réveille-toi. Ils sont devenus fous....ils ont pris un socialiste ! Un social-traître pour les représenter ? On rit. Et, mis à part un show chez un des nouveaux maîtres du monde - les agences de notation - pour ne pas nous associer au label d'une andouillette AAAAA, rien de nouveau sous le soleil couchant communiste. Qui n'en finit pas de claquer d'ailleurs....

 Heureusement, il y a le bon fou de la République (ou plutôt la bonne folle...disant des vérités ?) qui fera peur à tout le monde après le premier tour lorsqu'on aura vu son score fabuleux. Avec un peu de chance, on aura droit à un remake de 2002 où l'on verra toute la classe politique, la main sur le coeur et le drapeau français haut levé, nous appeler à voter contre et pour les valeurs républicaines.

Et comme des andouille(tte)s, on fera ça. Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Les politiques ne sont pas tous des pourris. Non, ce serait trop facile de le dire. C'est juste le système qui est rudement bien atteint. Alors au lieu d'en pleurer, essayons d'en sourire !

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samedi 20 août 2011

Fait divers en été

train-tunnelEn lisant les nouvelles de Rouen sur Google Actualités, on a pu apprendre qu'un homme était mort dans un tunnel ferroviaire à cinq heures du matin. Le Paris-Normandie, journal d'investigation, ne nous dira pas pourquoi cet homme se trouvait là, avec un autre qui n'a été que légèrement blessé. L' AFP, non plus. Savent rien ces journalistes. Les faits divers se contentent de s'étaler dans le glauque avec délectation, surtout dans la presse régionale. On saura juste que les trains ont été perturbés, et les horaires avec....A la bonne heure ! Voilà des excuses valables. Du lourd. Un mort, même si ça arrive souvent sur les rails, c'est du pain béni pour expliquer les retards.

Finalement, il aura fallu lire le site de RTL pour comprendre ce qu'on peut bien faire dans un tunnel à cinq heures du matin.

Les contrôleurs leur auraient demandé de descendre du train en gare de Val-de-Reuil peu après minuit, car ils n'avaient pas de billets. Ils auraient alors décidé de rentrer à Rouen en suivant les voies...

Les contrôleurs vont-ils être poursuivis ? Car même si ce n'est pas bien du tout de payer son billet, est-ce vraiment malin de faire descendre les gens qui n'ont pas payé en pleine nuit (en journée, pourquoi pas) ? Avec l'amende, ils paieront bien leur transport.
Quoi de plus normal que de vouloir revenir chez soi. Par tous les moyens. Et peut être les plus absurdes.

Les contrôleurs de la SNCF, qui sont un peu moins shérifs que ceux de la TCAR, vont peut être revoir leurs méthodes d'intimidation. 

En même temps quand on voit les tarifs sans cesse en hausse de la SNCF, resquiller va peut être devenir la norme...pour voir le bout du tunnel. 



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dimanche 14 août 2011

Les mystérieux travaux du TEOR

Chacun a pu le constater, il y a beaucoup de travaux à Rouen. Et c'est tant mieux. La ville bouge, se rénove...un peu. Le métro, le boulevard des Belges, la place de la cathédrale, le Palais des Sports...mais aussi le TEOR.

Pour le métro, on peut comprendre ce qu'ils font. D'ailleurs, l'information ne manque pas. Le métro, plus tramway, de Rouen va recevoir de nouvelles rames plus grandes. Personne ne s'en plaindra. Certainement pas les sardines qui sont à l'intérieur.

Mais pour le Teor, cela reste bien énigmatique. Il y a quelques jours, chacun a pu voir des dizaines d'engins de chantier énormes faire des travaux sur les routes goudronnées. Ce que l'on a pu comprendre, c'est qu'ils enlevaient l'enrobage qui pouvait sembler bien neuf...sur des centaines de mètres en centre-ville. Travaux pour faire quoi ? Point de communication sur panneaux. Rien sur le site de la TCAR. Mettent-ils des câbles pour diriger les TEOR automatiquement ? On ne sait pas.

En tous les cas, enlever le goudron, utiliser une armée de camions pour enlever ce qu'on a posé récemment, le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas très bien étudié. Il y a des ingénieurs pour prévoir tout ça ?

Ne parlons pas de développement durable, d'écologie...pourtant, il y a un volet consacré à ce sujet sur le site de la TCAR. 

C'est un peu dans le même registre que les poids-lourds qui amènent du sable sur les quais de Rouen et tout l'attirail pour faire croire que la rive gauche de la Seine est devenue une plage alors que la mer est a à peine 50 minutes. Quite à dépenser de l'argent, ils feraient mieux d'offrir des billets de train (ce qu'ils font déjà en petite quantité).

La chose sûre, c'est que ce sont les impôts et ceux qui empruntent les transports qui financent ces erreurs de programmation.

Peut être aussi qu'on a fait au plus vite à un moment et qu'on finit seulement maintenant, en défaisant ce qui a été fait hier. Et mal, puisqu'on fait des travaux à si peu d'intervalle. 

Plus généralement, à Rouen, on a guère le souci du détail et quand il faut reboucher, on utilise ce qui vient sous la main. Aucun souci d'esthétique !

Exemple en marchant : prenez la rue Jeanne d'Arc, entre le square Verdrel et le boulevard. Il y a des petits pavés d'un bel effet. Eh bien, on doit faire des travaux, on se fiche des petits pavés et on rebouche avec du goudron.

Sur les pavés, le goudron !

Les rues de la ville de Rouen ressemblent à une multitude de patchworks immondes.

Ceux qui s'occupent de la voirie à Rouen devraient aller dans d'autres grandes villes pour prendre des cours. Bordeaux par exemple. C'est assez impressionnant de voir ce qu'est une belle ville, entretenue, correctement. 

Il doit y avoir des personnes plus qualifiées pour gérer aussi.

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vendredi 15 juillet 2011

Le défilé du 14 juillet, un truc de vieux c... ?

14juillet-defileC'est vrai que le défilé du 14 juillet avec un président du style qu'on a (vulgaire !), ça a pris un sacré coup de vieux. Has been ! Tant qu'on ne retrouvera pas un président digne de sa fonction, à quoi bon parader et montrer ses petits soldats qui marchent en cadence ? Avant, je trouvais ça beau (me levais même tôt le matin) et, les années aidant, je trouve que c'est d'un autre âge, voire un peu idiot... C'est juste faire la publicité de la guerre. Les défilés militaires, c'était bien quand on voulait impressionner le voisin (quelques guerres en héritage. Des morts aussi. Merci.). Maintenant, c'est la paix et c'est tant mieux. L'armée, c'est important. La police aussi. Les pompiers aussi. Les médecins aussi. Les professeurs aussi. Les techniciens aussi. Les ouvriers aussi. Etc... En fait, il y a beaucoup de professions utiles, qui construisent notre pays, sa prospérité. Pouquoi ne pas rendre hommage alors aux forces "vives" et "pacifiques" de la Nation plutôt ? Cette Eva Joly n'a pas tort sur toute la ligne en proposant un défilé citoyen. Ce qui est le plus terriblement choquant, ce sont les mots du Premier ministre qui laissent entendre qu'on est jamais vraiment intégré. Honteux ! Ca, c'est anti-républicain !
Enfin, il est toujours très intéressant de voir comment les médias se sont emparés de ce sujet. Les médias adorent broder sur des petites phrases insignifiantes pour tirer des vérités (et sur Eva Joly au passage). Mais bon, c'est juillet et il faut bien combler entre deux rebondissements de l'affaire DSK.

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lundi 16 mai 2011

DSK explose en plein viol

dskLa dernière fois où j'ai été aussi violemment interpellé par les événements politiques, ce fut en avril 2002 où Jean-Marie Le Pen se retrouvait qualifié pour le second tour. Je ne me souviens pas être aussi collé à la télévision pour suivre un événement que pour celui qui détrônait l'homme pour qui je mettais tous mes espoirs. J'ai aimé l'action de Lionel Jospin et je voulais absolument le voir président. Pour une promesse d'ailleurs : plus de SDF. Cela suffisait pour moi à voter pour le candidat socialiste.

En mai 2011, voilà que le candidat que je m'étais résolu à soutenir vient de se faire avoir comme un pauvre lapin de garenne. 

Concernant DSK, le lapin est bien finalement choisi, non ? 

J'avais eu des échos - comme beaucoup, avec les moyens modernes actuels - qu'un homme politique était plus "chaud" que les autres. Avec des gestes plus que déplacés, voire violents . En son temps, j'avais vu l'émission de Thierry Ardisson où Tristane Banon parlait de son "expérience" - tentative de viol - avec le sémillant DSK. Juste qu'à l'époque un "bip" interdisait de savoir de qui l'on parlait...

Aujourd'hui, l'on sait. On confirme. DSK avait un petit problème avec le sexe. Le sien en l'occurrence. 

Ses proches font mine de ne rien savoir. C'est beau la fidélité. Sauf que cette tentative de viol sur une femme de ménage est plus que plausible, aux vues des antécédents.

Sachant que DSK eut déjà des soucis avec ses pulsions sexuelles et ses relations débridées, il est facile aussi de le faire chanter, de le faire couler.

L'hypothèse d'une machination n'est pas à écarter non plus.

Penser que tout cela est fait pour servir Nicolas Sarkozy, c'est difficile et très osé de l'avancer. Dire que parce qu'il avait ces fonctions au FMI, il était une cible privilégiée, c'est là un scénario à ne pas écarter. 

En effet, quoi de mieux que de mettre une femme payée pour cela dans les parages du charmeur perpétuel DSK ?

Dominique Strauss-Kahn est - était le seul à pouvoir faire gagner la gauche. Les autres ne sont pas sans intérêt mais ils n'on pas la valeur ajoutée, le petit plus qui fait un candidat rassembleur.

Le PS aime nous faire mal. Peut être même, nous pourrions estimer qu'il n'est pas à la hauteur puisque ses femmes et ses hommes faiblissent quand il ne le faut pas.

Quelle tristesse pour la politique, pour la France et pour DSK que ces moments qui en rattrapent plus d'un !

La violence de cette chute est terrible. Que la suite des événements nous soulage un peu.

Mais le mal, je le crains, est déjà fait.

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dimanche 1 mai 2011

Les Normands vus par l'historien Voltaire

A la lecture, un des 174 chapitres que compose l' Essai sur les moeurs et l'esprit des nations, et sur les principaux faits de l'Histoire, depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII, publié en 1756 et fruit de onze années de travail intense.

 

 DES NORMANDS VERS LE IVe SIÈCLE.


VOLTAIREIl est difficile de dire quel Pays de l'Europe était alors plus mal gouverné et plus malheureux. Tout étant divisé, tout était faible. Cette
confusion ouvrit un passage aux Peuples de la Scandinavie et aux habitants des bords de la Mer Baltique. Ces Sauvages trop nombreux n'ayant à cultiver que des terres ingrates, manquant de Manufactures et privés d'Arts, ne cherchaient qu'à se répandre loin de leur patrie. Le brigandage et la piraterie leur était nécessaire, comme le carnage aux bêtes féroces.
En Allemagne on les appelait Normands, Hommes du Nord, sans distinction, comme nous disons encore en général les Corsaires de Barbarie. Dès le IVe Siècle ils se mêlèrent aux flots des autres Barbares, qui portèrent la désolation jusqu'à Rome et en Afrique. On a vu que resserrés sous Charlemagne, ils craignirent l'esclavage. Dès le temps de Louis le Débonnaire ils recommencèrent leurs courses. Les forêts dont ces Pays étaient hérissés, leur fournissaient assez de bois pour construire leurs barques à deux voiles à rames. Environ cent hommes tenaient dans ces bâtiments, avec leurs provisions de bière, de biscuit de mer, de fromage, et de viande salée. Ils côtoyaient les côtes, descendaient où ils ne trouvaient point de résistance, et retournaient chez eux avec leur butin, qu'ils partageaient ensuite selon les lois du brigandage, ainsi qu'il se pratique à Tunis. Dès l'an 843 ils entrèrent en France par l'embouchure de la Rivière de la Seine, et mirent la Ville de Rouen au pillage. Une autre flotte entra par la Loire, et dévasta tout jusqu'en Touraine. Ils emmenaient en esclavage les hommes, ils partageaient entre eux les femmes et les filles, prenant jusqu'aux enfants pour les élever dans leur métier de pirates. Les bestiaux, les meubles, tout était emporté. Ils vendaient quelquefois sur une côte ce qu'ils avaient pillé sur une autre. Leurs premiers gains excitèrent la cupidité de leurs compatriotes indigents. Les habitants des côtes Germaniques et Gauloises se joignirent à eux, ainsi
que tant de renégats de Provence et de Sicile ont servi sur les vaisseaux d'Alger.

En 844 ils couvrirent la mer de vaisseaux. On les vit descendre presqu'à la fois en Angleterre, en France et en Espagne. Il faut que le Gouvernement des Français et des Anglais fût moins bon que celui des Mahométans, qui régnaient en Espagne; car il n'y eut nulle mesure prise par les Français ni par les Anglais, pour empêcher ces irruptions; mais en Espagne les Arabes gardèrent leurs côtes, et repoussèrent enfin les Pirates.

En 845 les Normands pillèrent Hambourg, et pénétrèrent avant dans l'Allemagne. Ce n'était plus alors un ramassis de Corsaires sans ordre, c'était une flotte de six cents bateaux, qui portait une armée formidable.
Un Roi de Danemark, nommé Eric, était à leur tête. Il gagna deux batailles avant de se rembarquer. Ce Roi des Pirates après être retourné chez lui avec les dépouilles Allemandes, envoie en France un des Chefs des Corsaires, à qui les Histoires donnent le nom de Régner. Il remonte la Seine à cent vingt voiles. Il n'y a point d'apparence que ces cent vingt voiles portaient dix mille hommes. Cependant avec un nombre probablement inférieur, il pille Rouen une seconde fois, et vient jusqu'à Paris. Dans de pareilles invasions, quand la faiblesse du Gouvernement n'a pourvu à rien, la terreur du peuple augmente le péril, et le plus grand nombre fuit devant le plus petit. Les Parisiens qui se défendirent dans d'autres temps avec tant de courage, abandonnèrent alors leur Ville, et les Normands n'y trouvèrent que des maisons de bois qu'ils brûlèrent. Le malheureux Roi, Charles le Chauve, retranché à Saint Denis avec peu de troupes, au lieu de s'opposer à ces Barbares, acheta de quatorze mille marcs d'argent la retraite qu'ils daignèrent faire. On est indigné quand on lit dans nos
Auteurs que plusieurs de ces Barbares furent punis de mort subite pour avoir pillé l'Église de Saint-Germain-des-Prés. Ni les Peuples, ni leurs Saints ne se défendirent, mais les vaincus se donnent toujours la honteuse consolation de supposer des miracles opérés contre leurs vainqueurs.CHARLES_le_chauve

Charles le Chauve, en achetant ainsi la paix, ne faisait que donner à ces Pirates de nouveaux moyens de faire la guerre, et s'ôter celui de la soutenir. Les Normands se servirent de cet argent pour aller assiéger Bordeaux, qu'ils pillèrent. Pour comble d'humiliation et d'horreur,
un descendant de Charlemagne, Pépin Roi d'Aquitaine, n'ayant pu leur résister, s'unit avec eux, et alors la France vers l'an 858 fut
entièrement ravagée. Les Normands fortifiés de tout ce qui se joignait à eux, désolèrent longtemps l'Allemagne, la Flandres, l'Angleterre. Nous avons vu depuis peu des armées de cent mille hommes pouvoir à peine prendre deux Villes après des victoires signalées; tant l'Art de fortifier les places et de préparer des ressources a été perfectionné; mais alors des Barbares combattant d'autres Barbares désunis, ne trouvaient après le premier succès, presque rien qui arrêtât leurs courses. Vaincus quelquefois, ils reparaissaient avec de nouvelles forces.

Godefroi, Roi de Danemark, à qui Charles le Gros céda enfin une partie de la Hollande en 882, pénètre de la Hollande en Flandres, ses Normands passent de la Somme à l'Oise sans résistance, prennent et brûlent Pontoise, et arrivent par eau et par terre devant Paris, en 885.

Les Parisiens qui s'attendaient alors à l'irruption des Barbares, n'abandonnèrent point la Ville, comme autrefois. Le Comte de Paris, Ode
ou Eudes, que sa valeur éleva depuis sur le trône de France, mit dans la Ville un ordre qui anima les courages, et qui leur tint lieu de tours et de remparts. Sigefroi, Chef des Normands, pressa le siège avec une fureur opiniâtre, mais non destituée d'arts. Les Normands se servirent du bélier pour battre les murs. Ils firent brèche, et donnèrent trois assauts. Les Parisiens les soutinrent avec un courage inébranlable. Ils avaient à leur tête non seulement le Comte Eudes, mais encore leur Évêque Goflin, qui chaque jour après avoir donné la bénédiction à son peuple, se mettait sur la brèche, le casque en tête, un carquois sur le dos, et une hache à sa ceinture, et ayant planté la croix sur le rempart, combattait à sa vue. Il paraît que cet Évêque avait dans la Ville autant d'autorité pour le moins que le Comte Eudes, puisque ce fut à lui que Sigefroy s'était d'abord adressé, pour entrer par sa permission dans Paris. Ce Prélat mourut de ses fatigues au milieu du siège, laissant une mémoire respectable et chère; car s'il arma des mains que la Religion réservait seulement au ministère
de l'Autel, il les arma pour cet autel même et pour des citoyens dans la cause la plus juste, et pour la défense la plus nécessaire, qui est
toujours au-dessus des lois. Ses confrères ne s'étaient armés que dans des Guerres Civiles et contre des Chrétiens. Peut-être, si l'apothéose est due à quelques hommes, eût-il mieux valu mettre dans le Ciel ce Prélat qui combattit et mourut pour son Pays, que tant d'hommes obscurs, dont la vertu, s'ils en ont eu, a été pour le moins inutile au Monde.

Les Normands tinrent la Ville assiégée une année et demie, les Parisiens éprouvèrent toutes les horreurs qu'entraînent dans un long siège la famine et la contagion, qui en sont les suites, et ne furent point ébranlés. Au bout de ce temps l'Empereur Charles le Gros, Roi de France, parut enfin à leurs secours sur le Mont de Mars, qu'on appelle aujourd'hui Montmartre, mais il n'osa pas attaquer les Normands, il ne vint que pour acheter encore une trêve honteuse. Ces Barbares quittèrent Paris pour aller assiéger Sens et piller la Bourgogne, tandis que Charles alla dans Mayence assembler ce Parlement qui lui ôta un trône dont il était si indigne.

Les Normands continuèrent leurs dévastations, mais quoiqu'ennemis du Nom Chrétien il ne leur vint jamais en pensée de forcer personne à renoncer au Christianisme. Ils étaient à peu près tels que les Francs, les Goths, les Alains, les Huns, les Hérules, qui en cherchant au m021104_rimg0070_pIVe Siècle de nouvelles Terres, loin d'imposer une Religion aux Romains, s'accommodèrent aisément de la leur: ainsi les Turcs en pillant l'Empire des Califes, se sont fournis à la Religion Mahométane.

Enfin Rollon ou Raoul, le plus illustre de ces Brigands du Nord, après avoir été chassé du Danemark, ayant rassemblé en Scandinavie tous ceux qui voulurent s'attacher à sa fortune, tenta de nouvelles aventures, et fonda l'espérance de sa grandeur sur la faiblesse de l'Europe. Il aborda l'Angleterre, où ses compatriotes étaient déjà établis; mais après deux victoires inutiles il retourna du côté de la France, que d'autres Normands savaient ruiner, mais qu'ils ne savaient pas asservir.

Rolon fut le seul de ces Barbares qui cessa d'en mériter le nom, en cherchant un établissement fixe. Maître de Rouen sans peine, au lieu de la détruire, il en fit relever les murailles et les tours. Rouen devint sa place d'armes, de-là il volait tantôt en Angleterre, tantôt en France, faisant la guerre avec politique, comme avec fureur. La France était expirante sous le règne de Charles le Simple, Roi de nom, et dont la Monarchie était encore plus démembrée par les Ducs, par les Comtes et par les Barons ses sujets, que par les Normands. Charles n'avait donné que de l'or aux Barbares, Charles le Simple offrit à Rollon sa fille et des provinces.

Raoul demanda d'abord la Normandie, et on fut trop heureux de la lui céder. Il demanda ensuite la Bretagne, on disputa, mais il fallut la céder encore avec des clauses que le plus fort explique toujours à son avantage.
Ainsi la Bretagne qui était tout à l'heure un Royaume, devint un Fief de la Neustrie; et la Neustrie qu'on s'accoutuma bientôt à nommer Normandie du nom de ses usurpateurs, fut un État séparé, dont les Ducs rendaient un vain hommage à la couronne de France.

L'Archevêque de Rouen sut persuader à Rollon de se faire Chrétien. Ce Prince embrassa volontiers une Religion qui affermissait sa puissance.

Les véritables Conquérants sont ceux qui savent faire des lois. Leur puissance est stable, les autres sont des torrents qui passent. Rolon
paisible fut le seul Législateur de son temps dans le Continent Chrétien.
On sait avec quelle inflexibilité il rendit la justice. Il abolit le vol chez ses Danois, qui n'avaient jusques-là vécu que de rapine. Longtemps après lui son nom seul prononcé, était un ordre aux Officiers de Justice d'accourir pour réprimer la violence, et de-là est venu cet usage de la clameur de Haro, si connue en Normandie. Le sang des Danois et des Francs mêlés ensemble produisit ensuite dans ce Pays ces Héros qu'on verra conquérir l'Angleterre et la Sicile.


Voltaire, anonyme, Musée de Dijon.

Scène de pillage nocturne, Adam Colonia, tableau, Musée des Beaux-Arts de Rennes.

Charles II dit Le Chauve, empereur d'Occident, anonyme, Musée du Château de Versailles.

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mercredi 27 avril 2011

Mazarin à Rouen

annedautriche_dessin"La Revue [de Normandie] ne saurait trop remercier M. [Adolphe] Chéruel d'avoir bien voulu lui donner la primeur de ses travaux actuels sur Mazarin. Du portrait placé au début de cet article se dégagent, d'une façon très nette et très vive, les principaux traits du caractère de ce ministre et l'importance du rôle qu'il a joué dans notre histoire, sans parler des détails nouveaux et précieux que fournit sa correspondance sur ce voyage de Louis XIV à Rouen".

Article et note extraits de la Revue de Normandie, parue en 1869.


Le 5 février 165o, la ville de Rouen recevait en grande pompe le roi Louis XIV, âgé de douze ans, sa mère, Anne d'Autriche, régente du royaume de France, et le cardinal Mazarin, son principal ministre. Malgré la rigueur de la saison et l'épidémie qui sévissait en Normandie, la reine et le cardinal avaient cru devoir exposer le jeune roi aux fatigues et aux dangers d'un voyage d'hiver, afin d'étouffer les troubles que la duchesse de Longueville s'efforçait d'exciter dans cette province. Il est nécessaire, pour bien comprendre des événements qui se rattachent à l'histoire générale de la Fronde, de reprendre les faits d'un peu plus haut.

Depuis huit ans, Mazarin gouvernait la France, et son administration n'avait pas été sans gloire. Les victoires de Rocroi, de Fribourg, de Nordlingue et de Lens, avaient été couronnées par la paix de Westphalie. L'Autriche abaissée, l'Alsace conquise, l'Artois, le Roussillon, la Lorraine et la Catalogne, occupés, étaient le résultat d'une politique habile et persévérante. A l'intérieur, une aristocratie turbulente avait été deux fois vaincue, d'abord par la défaite de la cabale des Importants, et ensuite par la paix de Ruel; à l'extérieur, la France avait conquis la frontière du Rhin, des. Alpes et des Pyrénées, avec des postes avancés, Philipsbourg, Vieux-Brisach, Pignerol, Casal, Barcelone, qui leur ouvraient l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.

Il y a deux hommes dans Mazarin, comme dans la plupart des personnages historiques : l'un, animé de m505204_00de6957_pgrandes pensées et poursuivant, avec une infatigable persévérance et une merveilleuse habileté, un but élevé et patriotique, la conquête des limites naturelles de la France ; c'est le continuateur dela politique de Henri IV et de Richelieu; c'est le ministre qui a préparé, par ses négociations, les traités de Westphalie et des Pyrénées, et qui s'est élevé, par ces actes, à un rang glorieux entre tous ceux qui ont gouverné la France.

 

Mais on trouve aussi, dans Mazarin, l'homme d'intrigue et de ruse, le génie souple et cauteleux, rompu à toutes les roueries et sans scrupule sur les moyens, pourvu qu'il arrive à son but; le ministre avide qui entassa des millions par des spéculations que réprouve toute conscience honnête. En un mot, il y a, dans Mazarin, assez de grandeur pour justifier les éloges de l'histoire; il y a aussi assez de misères et de bassesses pour expliquer la haine et le mépris dont ses ennemis n'ont cessé de l'accabler.

Ce qui a surtout manqué à Mazarin, c'est le caractère de grandeur que son prédécesseur avait eu au suprême degré. Les actes et les paroles du cardinal de Richelieu imposaient l'admiration, et parfois la terreur. Il fut souvent haï, jamais méprisé. Mazarin n'avait rien de cette hauteur de génie qui commande le respect. De Retz a fortement marqué l'opposition entre les deux ministres, et, quoique l'on reconnaisse, dans sa phrase, le sarcasme d'un ennemi, il faut avouer que le fond en est vrai. « On voyait, dit-il dans ses Mémoires, sur les degrés du trône, d'où l'âpre et redoutable cardinal de Richelieu avait foudroyé, plutôt que gouverne les humains, un successeur doux et benin, qui ne voulait rien, qui était au désespoir que sa dignité de cardinal ne lui permît pas de s'humilier, autant qu'il l'eût souhaité, devant tout le monde. » Sous cette humilité apparente, Mazarin cachait de grandes vues et une profonde habileté; mais il fallut plusieurs années pour mettre dans tout leur jour les qualités du ministre, et jamais la première impression ne fut complètement effacée.

annedautricheCe fut surtout dans la politique extérieure qu'éclata la supériorité de Mazarin. Mais on ne peut nier que, même dans les affaires intérieures, pendant les luttes de la Fronde, il n'ait eu sur ses adversaires un avantage signalé : il soutenait l'ordre contre l'anarchie; il avait pour adversaires des princes qui ne craignaient pas de s'allier avec les ennemis implacables de la France, et de tourner contre elle l'épée glorieuse qui avait vaincu à Rocroi, à Fribourg et à Lens. Mazarin, au contraire, défendait les intérêts nationaux, et faisait appel au patriotisme et au bon sens de la bourgeoisie contre cette noblesse qui sacrifiait la France à ses passions ambitieuses.

Au commencement de l'année 165o, le cardinal avait réussi à diviser les deux Frondes. Il avait gagné le coadjuteur Paul de Gondi, le duc de Beaufort, les duchesses de Chevreuse et de Montbazon, qui lui répondaient de l'oncle du roi, Gaston d'Orléans. Le Parlement s'était uni au ministre, et Mazarin, fort de son appui, se décida à frapper un coup vigoureux: le prince de Condé, son frère, le prince de Conti, et son beau-frère, le duc de Longueville, furent arrêtés le 18 janvier 165o, et emprisonnés au château de Vincennes. Le peuple de Paris, toujours disposé à applaudir aux actes d'énergie, pourvu qu'ils réussissent, alluma des feux de joie à la nouvelle de l'arrestation des princes. Mais il fallait prévenir la révolte des provinces, où les partisans des prisonniers s'étaient réfugiés. La duchesse de Longueville, sœur des princes de Condé et de Conti, avait gagné en toute hâte la Normandie, et s'efforçait de la soulever. Ce fut là que Mazarin dirigea ses premiers efforts.

La situation de cette province lui inspirait de vives inquiétudes: plusieurs des places fortes étaient occupées par les partisans des princes. Au Pont-de-l'Arche, Chamboi ; à Caen, La Croisette ; à Dieppe, Montigny, avaient reçu leurs pouvoirs du duc de Longueville, gouverneur de Normandie, et lui étaient dévoués. Le Havre était entre les mains du jeune duc de Richelieu, que l'on regardait comme un des partisans les plus zélés de Condé. A Rouen, la forteresse du Vieux-Palais était occupée par le marquis de Beuvron, de la maison louisXIV_jeuned'Harcourt, qui s'était déclaré, l'année précédente, en faveur de la Fronde. Enfin, Henri de Matignon, qui était lieutenant-général du duc de Longueville en Basse-Normandie, et qui disposait des portes de Cherbourg et de Granville, était d'une fidélité douteuse.

En présence de ces dangers, Mazarin n'hésita pas. Il rassembla une petite armée, dont il donna le commandement à un capitaine renommé, Henri de Lorraine, comte d'Harcourt. Ce général s'était signalé dans les guerres d'Italie, sous les murs de Casai et de Turin. Il reçut de la régente le titre et les pouvoirs de gouverneur de Normandie, dont fut dépouillé le duc de Longueville. La Fronde ne lui pardonna pas de s'être déclaré en faveur du ministre; elle le chansonna, comme tous les partisans de Mazarin. Au milieu d'épigrammes grossières ou plates, on a remarqué le couplet suivant:

Cet homme gros et court.
Si connu dans l'histoire,
Ce grand comte d'Harcourt,
Tout couronné de gloire,
Qui secourut Casai et qui reprit Turin,

Est maintenant

Est maintenant
Recors de Mazarin.

La reine quitta Paris, le 1er février, sous l'escorte des troupes commandées par ce général. A la cour même, il ne manquait pas de gens qui blâmaient un voyage entrepris en plein hiver. Mlle de Montpensier, qui n'était pas encore engagée dans la Fronde, et qui avait applaudi, comme le peuple, à l'arrestation de Condé, Mlle de Montpensier exprime l'opinion de la Cour lorsqu'elle dit: « J'eus une vraie douleur de partir le 1er février, n'étant pas une saison propre à faire voyage, mais bien à danser comme on l'avoit fait cet hiver-là. » Les maladies, et surtout la petite vérole, qui sévissaient alors en Normandie, fournissaient encore des arguments à ceux qui voulaient s'opposer au départ de Louis XIV.

m505201_pe_341_pMais rien n'arrêta le cardinal. La reine Anne d'Autriche était habituée à suivre les volontés du ministre. L'oncle du roi, Gaston d'Orléans, aurait pu seul entraver sérieusement les projets de Mazarin. Mais les lettres du cardinal à Michel Le Tellier, prouvent que Mazarin s'était assuré de l'assentiment de ce personnage, qui, en qualité de lieutenant-général du royaume, exerçait la principale autorité en l'absence du roi. « Vous direz à S. A. R., écrivait-il à Le Tellier, le 6 février, qu'elle ne s'étoit pas trompée en croyant que son voyage ou celui du roi en cette province étoit très nécessaire. L'expérience nous a fait voir qu'il ne le pouvoit pas être davantage. Je ne vous en dirai pas à présent le détail. Mais je vous assure que, si l'on avoit différé seulement quinze jours à venir ici, on y auroit trouvé les affaires en bien autre état qu'elles ne sont, et on auroit eu incomparable- , ment plus de peine à y mettre ordre. »

En s'éloignant de Paris et en laissant le pouvoir aux mains de Gaston d'Orléans, Mazarin n'était pas sans inquiétude sur la conduite de ce prince. Il connaissait sa faiblesse et son humeur versatile, et, quoiqu'il eût soin de l'entourer de personnes dévouées, quoique les duchesses de Chevreuse et de Montbazon, le coadjuteur Paul de Gondi et les autres conseillers de Gaston, parussent alors dans les intérêts de la Cour, Mazarin n'avait qu'une médiocre confiance dans ces anciens frondeurs. Il comptait principalement, et avec raison, sur Michel Le Tellier, qui, après avoir passé par les fonctions de conseiller au grand Conseil, de procureur du roi au Châtelet, de maître des requêtes et d'intendant de l'armée d'Italie, était devenu secrétaire d'Etat depuis peu de temps. Dans la force de l'âge, et déjà rompu aux affaires, travailleur infatigable, d'une discrétion absolue et d'une prudence consommée, Michel Le Tellier fut, pendant ce voyage, le principal correspondant de Mazarin. Les lettres que lui adressa le cardinal servent à éclairer cette partie de l'histoire, et nous aurons souvent à les citer.

La Cour s'avança à petites journées vers la frontière de Normandie. Elle s'arrêta à Pontoise et à Hadancourt près de Magny. Ce fut là que le cardinal reçut des nouvelles propres à augmenter ses inquiétudes : « Il est venu ici, écrivait-il à Michel Le Tellier, un gentilhomme qui a vu Chamboi (gouverneur de Pont-de-l'Arche), lequel, à ce qu'il nous a rapporté, est résolu de périr dans sa place. Nous verrons s'il demeurera toujours dans la même fermeté. Car de ce côté-ci (du côté de la Cour) on ne perdra pas un moment de temps à pousser cette affaire. »

On disait que la garnison de Pont-de-l'Arche était nombreuse et qu'il serait difficile de s'emparer du château-fort. On vantait le courage du gouverneur Chamboi. Mazarin, qui connaissait l'importance de Pont-de-1'Arche, était résolu d'emporter la place de vive force, s'il ne pouvait amener Chamboi à capitulation. Il donna ordre au comte d'Harcourt d'investir Pont-de-l'Arche, et l'armée vint, en effet, camper sous les murs de la ville. Mais il ne fut pas nécessaire d'en venir aux dernières extrémités. Les bourgeois ouvrirent les portes de la place, pendant que Chamboi se retirait dans le château, et ils s'unirent aux troupes royales pour contraindre" leur m503706_85ee1098_pgouverneur à se soumettre. C'est Mazarin qui nous l'apprend: « Les habitants du Pont-de-l'Arche, écrit-il à Le Tellier, vinrent à ma rencontre pour me dire qu'ils étoient vrais serviteurs et bons sujets du roi, et offrir de recevoir les troupes qui leur seraient envoyées , et en effet ils ont reçu deux compagnies des gardes, ont barricadé le pont et pointé trois pièces de canon contre le château. »

Sans s'arrêter plus longtemps devant cette forteresse cernée par les bourgeois et par l'armée royale, Mazarin continua sa marche vers Rouen. Mais, toujours fidèle à son génie et préférant la négociation à la force, il chargea un gentilhomme normand, du nom de Gauville, de traiter avec Chamboi. Il offrait au gouverneur de Pont-de-l'Arche amnistie pleine et entière pour lui et la garnison, avec une indemnité pécuniaire. Des conditions aussi avantageuses déterminèrent Chamboi à livrer le château. Mazarin se félicitait avec raison de ce rapide succès, dans une lettre du 6 février, adressée à Michel Le Tellier: « Après diverses allées et venues que j'ai fait faire au Pont-de-fArche, enfin le sieur de Chamboi a consenti de remettre la place entre les mains du roi. On y envoie, pour cet effet, le sieur de Saint-Amour, exempt des gardes-du-corps, avec quarante hommes pour entrer dans le château et en prendre possession. On licencie la garnison et on donne toute sûreté audit sieur de Chamboi, et à ceux qui sont avec lui, de se retirer où bon leur semblera. Outre cela, on lui fait remettre 2o,000 fr., argent comptant, pour le rembourser de ce qu'il a fourni pour l'achat des poudres et autres munitions de guerre et de bouche, qu'il laisse dans la place. Enfin c'est une affaire achevée, pourvu qu'il n'y arrive point de changement entre ci et demain, comme il n'y a pas d'apparence. En tous cas, aussitôt après l'exécution je vous le ferai savoir. »

En effet, Mazarin écrit le 8 février à Michel Le Tellier: « Chamboy remit hier le Pont-de-l'Arche à l'exempt que le roi avoit envoyé pour le recevoir. Il a touché les 20,000 fr. Tout cela s'est bien passé ; il s'enva à sa maison, et sa garnison s'est séparée, tellement que voilà une affaire achevée heureusement. »


Allégorie à la gloire d'Anne d'Autriche, attribué à Robert Nanteuil, dessin, Musée du Louvre.

Portrait d'Anne d'Autriche, atelier de Pierre Paul Rubens, peinture, Musée du Louvre.

Le cardinal Mazarin, Pierre Mignard, peinture, Musée Condé, Chantilly.

Le cardinal Mazarin, enluminure, Musée Condée.

Louis XIV à l'âge de cinq ans, attribué à Jacques Sarazin, scuplture, buste à l'antique, Musée du Louvre.

Louis XIV, anonyme, peinture, Musée du Château de Versailles.

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mardi 26 avril 2011

Nicolas Sarkozy préfère Le Havre à Rouen : étrange ?

sarkozy_le_havre_photo_afpLe 21 avril 2011, Nicolas Sarkozy s'est rendu au Havre pour présenter sa "politique maritime de la France". Comme le précise les Services de la Présidence sur le site non moins officiel de l'Elysée :

"Le 16 juillet 2009, Nicolas Sarkozy s'était déjà rendu au port du Havre pour présenter son ambition et sa stratégie pour notre politique maritime, au lendemain des conclusions rendues par le Grenelle de la mer. Il s'agit donc aujourd'hui de faire un point sur la mise en œuvre du discours du Havre. Il s'agit d'un enjeu considérable car la France dispose d'un potentiel maritime très important : elle possède le 2e espace maritime mondial (plus de 11 millions de km2)".

Eh oui, la France est grande comme un timbre-poste quand on regarde un globe terrestre, mais voilà qu'on est le deuxième espace maritime....c'est fort ça ? Et alors qu'en dix ans le trafic maritime européen a augmenté de 60 % (attention les chiffres arrivent !), les ports français n'ont pratiquement pas profités de cette croissance dont la part de marché en Europe chute à 14 %. La croissance du trafic maritime en France (+ 8 % entre 2009 et 2010) est près de deux fois plus faible que la croissance notée au niveau mondial et européen (+ 14 %). La faute à pas de chance ? Non, tout cela, c'est à cause de la CGT ! Les conflits sociaux perturbent le trafic maritime et les bateaux vont voir ailleurs, vers des contrées plus tranquilles et plus certaines, socialement : Anvers, Rotterdam, par exemple.

Tant pis pour la France, ce sont les autres qui en profitent.

D'ailleurs, lors de sa visite, la CGT a refusé de s'entretenir avec Nicolas Sarkozy. C'est dire l'esprit de dialogue qui règne chez les démocrates de la CGT. Le Havre a donc été très honoré qu'on fasse de cette ville le grand port de Paris. Par contre, Rouen a été la grande oubliée. Pour changer.

Valérie Fourneyron, député(e)-maire de Rouen (précision importante car parfois on peut se demander...), a été toute émue qu'on ne parle pas de ce très beau port de Rouen, pourtant très compétitif et blablabla selon le communiqué qu'elle a fait connaître et qui se finissait par ces mots :

"Le discours d'un Président en campagne, venu flatter l'UMP havraise, ne saurait suffire à crédibiliser une véritable politiquesarkozy_le_havre_port_rouen en faveur de l'axe Seine."

Voilà qui va un peu plus nous rapprocher des faveurs présidentielles....Si l'intérêt général passait avant les intérêts politiques, ça se saurait.

Et puis, entre deux containers, Nicolas Sarkozy a parlé de la future ligne à grande vitesse qui reliera Le Havre à Paris, en une heure et quart. Et là, c'est un grand moment de volontarisme politique ou d'énième numéro d'enfumage à grande échelle, au choix.

"Les experts les plus optimistes évoquent une mise en service au mieux en 2020. Eh bien, je refuse ces délais. Je préfère 2017 pour les 500 ans de la fondation du Havre. Si les procédures et règlements actuels ne permettent pas d’aller assez vite, je ferai voter une loi. A projet exceptionnel d’intérêt national, mesures exceptionnelles" (L'Usine Nouvelle). 

 Il a raison de précipiter les choses mais on n'y croit plus beaucoup à ces prises de position nerveuses. On voit juste que les réunions pour noyer le poisson se succèdent aux réunions pour amuser la galerie et rien de concret ne semble aboutir.

Un seul tire son épingle du jeu : Antoine Rufenacht. L'ancien maire du Havre a été nommé à la tête d'un commissariat au développement de la Vallée de la Seine, chargé, entre autre, de mettre en oeuvre la ligne à grande vitesse entre Paris et Le Havre. Grande vitesse façon de parler pour le moment....

Bref, Nicolas Sarkozy se sent mieux au Havre et Rouen passe son tour une nouvelle fois. Enfin, nous avec Laurent Fabius, on a eu Claude Monet et son orchestre. On ne peut pas tout avoir.      

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Petite Histoire de la Bastille


La Bastille ou « l’enfer des vivants » par BNF

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