Politicobs - Le blog de Monsieur Julien - Rouen

dimanche 22 novembre 2015

Napoléon en mer d'Alain Frerejean

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Si vous voulez embarquer avec Napoléon Bonaparte et l'écouter discuter, ce livre est pour vous. Quoi de mieux qu'un trajet en bateau pour avoir du temps à soi, lire, réfléchir, parler de choses et d'autres. C'est bien connu, Napoléon ne perd pas de temps. Chaque moment est propice, utile à l'esprit.

 La marine n'est pas synonyme de succès militaire pour le grand homme. Napoléon s'est montré un génie sur terre. Sur mer, les déconvenues ont été suffisament nombreuses pour laisser aux Anglais le plaisir de s'illustrer lors des combats navals.

 On sait cependant que Napoléon a une fascination pour la marine.

 «  Des mers, dont nous ne sommes pas maîtres, nous séparent de la patrie, mais aucune ne nous séparent de la patrie, mais aucune ne nous sépare de l'Afrique ni de l'Asie »,

C'est sur mer que Napoléon semble lancer ses plans de domination terrestre.

 Dans les premières pages, on apprend que Napoléon aurait pu ne pas entrer dans l'Histoire et ne rester que simple élève de l'Ecole militaire de Paris. Avouez, le XIXe siècle aurait été bien différent...

 En 1784, Bonaparte est candidat pour accompagner La Pérouse dans son expédition autour du monde qui enthousiasmait tant de gens, jusqu'à Louis XVI. Ses dispositions mathématiques jouent en sa faveur mais sa bellicosité l'écarte.

 En 1788, la disparition de l'équipée scientifique est un drame. Ce rendez-vous manqué avec l'aventure et la mort force Napoléon à abandonner la marine pour l'artillerie, véritable formation du futur général.

 La seconde partie du livre est marquée par l'exil, donc la fin, les confidences sur les instants de gloire et les échecs.

 Cette vie de Napoléon en mer racontée avec l'expertise d'Alain Frerejean est une belle aventure qui se lit comme un roman.

 On ne s'ennuie pas dans ce livre. Le rythme est enlevé et les dialogues vivants.

 « Grâce à Alain Frerejean, écoutons Napoléon ». Ainsi écrit Jean Tulard dans sa préface à l'ouvrage. Rien à ajouter. Embarquement immédiat.

 Et puis, merci aux Edtions La Bisquine pour ce livre !

Sur le site de l'Armitière : Napoléon en mer d'Alain Frerejean

Sur le site de la Fnac : Napoléon en mer d'Alain Frerejean

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vendredi 9 janvier 2015

Je suis Charlie

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samedi 6 décembre 2014

La retraite en Russie ?

FRANCOIS-HOLLANDE-russie-poutineLa photo est embarrassante et grotesque mais elle a le mérite de faire rire. Telle la cantatrice Bianca Castafiore ou une quelconque Cécilia Bartoli, François Hollande, loin d'être à son avantage, prend la pose...pour la déconne, pour faire plaisir, pour occuper le temps faute de mieux.... Chacun décidera. Et pourtant, cet être présidentiel, incapable de redresser la France, dénué de tout soutien populaire,  semble s'amuser hors des frontières françaises. Il a bien raison ! Amusez-vous, notre président ! Votre sort est si atroce à l'ouest de l'Europe !

Après ce croquignolesque cliché, avec à ses côtés le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev - ressemblant à s'y méprendre à Claude Guéant après une cure de frites, François Hollande est allé en Russie rencontrer Vladimir Poutine.

Ah, ah, ah ! Surprise ! Ce n'était pas prévu ! Enfin, c'est ce qu'on vous dit parce que vous êtes bien niais de le croire. Andouilles ! 

François Hollande l'a dit clairement : il ne veut pas de nouveaux murs. Le mur de Berlin est tombé, n'en élévons plus d'autres en Europe, et patati, patata....Paix, fraternité, frites à volonté ! C'est sûr avec sa force de conviction, tout cela sera un mauvais souvenir dans quelques mois.

Et nos bateaux ? Nos Mistral à coque russe donc invendables, seront-ils livrés ? Mais oui ! Comme si la France pouvait se permettre d'avoir des milliards sur les bras alors qu'elle en a déjà plein le dos ? Pour Noël, chers Français, François Hollande vous prépare une belle surprise. Le problème ukrainien sera réglé et les Mistral navigueront vers les eaux de la mer du Nord !

Et tout ça grâce à un manteau de fourrure kazakh ! Fallait y penser ! Merci François Hollande !

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 Quant à sa retraite dorée, le quotidien 20 Minutes précise :

Non, François Hollande ne touchera pas une retraite de 36.000 euros

Ce sera juste 16.000 euros en moins ! Ouf, on avait peur pour lui !

dimanche 30 novembre 2014

Il est revenu !

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Depuis un moment, il voulait revenir. Simplement, voilà qui est fait. Certains diront - des mauvaises langues - qu'il n'a plus grand chose à dire. Au pire, l'avenir le dira à sa place.

Il avait envoyé des cartes postales. Il avait pris du recul.

Bien sûr, je parle de Nicolas Sarkozy. Vous ne pensez tout de même pas que je parle de moi ?

Mais quel intérêt de parler de soi ? Voilà bien un travers qui touche beaucoup !

De retour donc, Nicolas Sarkozy a déjà ménagé la chèvre et le chou en proposant l'abrogation et deux mariages. Je croyais que le courage d'un homme d'Etat, c'était de trancher, de décider.... Encore un compromis...Cela promet pour la suite...Bruno Le Maire, outsider brillant, avec près de 30%, n'est pas allé dans le sens du "Sens Commun" et s'est fait huer. Le courage, est-ce cela ? Pas simplement d'aller dans le sens d'une salle.

Alors, le retour de Nicolas Sarkozy avait tout pour plaire mais les récents choix sont une mauvaise démonstration des nouveaux choix de l'ancien président.

Les élections internes ont élu, ce samedi, le nouveau président de l'UMP. Nicolas Sarkozy est-il sorti grand gagnant dans cette affaire ?

Ce qui faisait la force de Nicolas Sarkozy dans son retour presque napoléonien - jexagère -, c'était de se mettre au-dessus de la mêlée après ces années de silence. Il faut tout bousculer, revenir sur ses erreurs, aller de l'avant en bousculant les fautes du passé, et là, Nicolas Sarkozy a un bilan. On ne peut lui retirer ce qui est échoué et ce qui est réussi. Face à l'action ou l'inaction présente de François Hollande, l'ancien président a un boulevard. Que va-t-il faire de cette chance historique, de cette voie royale ? Qui pour le contrer ? A gauche, personne n'est audible, personne n'a de majorité. Pour l'autre bord, Marine Le Pen n'est pas sérieuse, son programme politque aussi. Alors, l'alternance, c'est la droite ?  Et rien d'autre ?

On peut suivre les discours des uns et des autres sans pouvoir se déplacer et j'ai suivi ceux de Nicolas Sarkozy avec attention. S'en dégage un talent oratoire. Mais au delà des pirouettes d'avocat, quoi d'autre ?

Qui est meilleur que lui en France pour être aujourd'hui le leader politique de l'opposition ? 

Dans les prochains jours, aura-t-on les réponses ?

 

 

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François, Jean-Pierre et les autres

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Il y a une semaine, Rachida Dati était l'invité de Laurent Ruquier dans son émission amusante et longue du samedi soir On n'est pas couché. Bien sûr, on a parlé de l'affaire Jouyet-Fillon qui monopolise le débat politique actuel pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Chacun décidera. On peut juste constater que quand on parle de ces affaires politiciennes, on ne parle pas d'autre chose. On connaît les gagnants de ces écharpages gauche-droite. On finit par dire que tous ces gens se ressemblent, qu'ils sont tous pareils.... La suite est connue.

Donc, Jean-Pierre Jouyet a confié à des journalistes, qu'au cours d'un déjeuner, François Fillon lui avait demandé d'intensifier les attaques judiciaires contre l'ancien président Nicolas Sarkozy, bref, dans le texte rapporté, d'«aller vite pour lui casser les pattes avant».

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est-il, pour rester correct, déloyal ? Rachida Dati a répondu à demi-mot, en évoquant ses déboires dans la conquête de la mairie du VIIe arrondissement, et par voie de conséquence de la non moins prisée mairie de Paris. Pour discréditer l'ancien Garde des Sceaux, la campagne municipale a été lamentable. Selon elle, François Fillon n'a pas joué collectif, comme on dit.

En ajoutant à cela sa lutte à mort pour la présidence de l'UMP, on ne peut pas dire que François Fillon se soit illustré dans les succès. Pire, il y a désormais du sang partout sur les murs.

Jean-Pierre Jouyet, actuel Secrétaire général de l'Elysée, ancien ministre du gouvernement Fillon, figure emblématique de la décriée UMPS, est dans les journaux qualifié de "gaffeur". En effet, quel intérêt aurait-il eu à travestir la réalité des propos échangés ? A droite, on prend la défense molle de François Fillon. Qui y croit ?

Dans ses Etudes d'histoire religieuse, Ernest Renan écrivait :

Le besoin de croire à quelque chose d'extraordinaire est inné dans l'homme.

Alors, vivement le prochain déjeuner enregistré !

jeudi 9 mai 2013

La statue de Rollon ou "On montre pas du doigt".

rollon (2)La statue de Rollon, premier Duc de Normandie, a une nouvelle fois été mutilée.

Ce qui pour un héritier des Vandales est finalement un bel hommage. Cela montre que ceux qui ont commis ces actes répréhensibles aujourd'hui, savaient que ça ferait plaisir à Rollon de savoir que son message universel de pilleur continue.

Rollon est-il un exemple à suivre ?

Tout d'abord, Rollon (ou Hrolfr) est ce qu'on pourrait appeler un étranger : sans aucune autorisation préalable, le colosse Rollon (deux mètres et plus de cent quarante kilos, paraît-il) est venu de Norvège, avec une bande de copains à lui, des blonds costauds, et des roux pas commodes, des Danois et autres Norvégiens, décidés à "faire le Viking", expression scandinave qui sous-entend, commettre le pire : destruction, incendie, pillage...mais aussi le moins pire : le commerce. Dans son pays d'origine, Rollon était une vraie crapule, c'est d'ailleurs pour cela qu'on lui a demandé de partir.

A cette époque, cela se passe comme ça : on arrive avec des bateaux à tête de dragon, on pille et on négocie après. Dans son élan victorieux, remontant la Seine, Rollon tente d'aller jusqu'à Paris mais c'est à Chartres qu'il est arrêté dans son "raid movie".

Charles III, injustement qualifié de simple, roi de pas encore tout à fait la France et de surtout pas la Navarre, décide de négocier. Ce sera le Traité de Saint-Clair-sur-Epte, conclu en 911. L'habile Charles lui offre un territoire équivalent à ce que l'on nomme maintenant la Haute-Normandie. En retour, Rollon doit sécuriser les lieux, se faire baptiser et prêter hommage au Roi. Voilà Rollon désormais bien intégré en France. D'ailleurs, maintenant, pour tous, ce sera Robert.

Mais quand on a le crime dans la peau, c'est pour la vie. Cette anecdote trouvée dans l'encyclopédie wikipédienne en est un exemple.  

"Donc, en 922, deux chevaliers sont envoyés par Charles le Simple afin de s’assurer de la sécurité de sa fille Gisèle, qu'il avait promise comme épouse au jarl de Normands. Ces deux chevaliers ne sont pas présentés à Rollon, et circulent sans autorisation dans le comté. Lorsque celui-ci apprend leur existence, il les fait capturer, et les amène sur la Place du Vieux-Marché de Rouen pour les décapiter aux yeux de tous".

Celui qu'on n'appellera jamais Bob préféra Poppa (pas Middleton, mais de Bayeux). Et à la mort de Charles, Robert ne put s'empêcher de faire un dernier raid en Picardie. On ne se refait pas.  

Sur le tombeau de Rollon, conservé à la cathédrale de Rouen, sa capitale, est inscrit en latin ceci :

Au sein de ce temple, repose Rollon, père et premier duc de la Normandie, dévastée et fondée par lui. A bout de force de ce labeur, il succomba en 933, âgé de plus de 80 ans.

Dévastée et fondée par lui.... Beau résumé.

Souvenirs, souvenirs.

A Rouen, dans le jardin de l'Hôtel de Ville, depuis 1865, trône une fière statue de Rollon. Longtemps, le pauvre Normand, fort moussu, était amputé d'un membre. Puis, après une campagne de restauration, il revint un jour tout de blanc javellisé et un bras énorme (surdimensionné même) dont l'index montrait le sol. D'habitude, les grands hommes montrent le ciel, l'avenir. Lui, montrait la terre qu'il avait conquise. Et de quelle manière.... Mais, après tout, la vie de Rollon a montré qu'il était assez terre à terre.

Parmi toutes les agressions dont cette statue fut la victime passive, il y a eu cette inscription, plus drôle encore si elle n'avait pas été un tag immonde : "on montre pas du doigt". C'est vrai que montrer du doigt, ce n'est pas bien. Mais depuis le début, l'éducation de Rollon était à refaire.

En attendant, sur la place de l'Hôtel de Ville, Napoléon, tel un patapouf, placé ici à la même date que Rollon, est toujours sur son cheval, dégoulinant de vert de gris.... Tristes vies pour les statues.

A lire :

 L'histoire de la statue de Rollon dans le Jardin de l'Hôtel de Ville

Mise en valeur du Cimetière Monumental de Rouen

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lundi 15 avril 2013

Une crise morale peut en cacher une autre

« Que vous puissiez, comme la loi actuelle vous y autorise, reprendre vos fonctions de député et prétendre ainsi continuer à être notre représentant parlementaire nous révolte. N’est-ce pas assez d’avoir bafoué l’honneur de votre fonction d’élu et trahi ceux qui vous avaient fait confiance ? Nous, électeurs de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne exigeons, Monsieur Cahuzac, que vous abandonniez votre mandat ».

Voilà ce que vient de demander un collectif de citoyens de la circonscription dont Jérôme Cahuzac était jusqu'à présent le député. Celui-ci, ne doutant de rien, n'avait pas compris de lui-même que ses propos et ses agissements ne justifiaient plus vraiment sa présence à l'Assemblée nationale. Effarant de croire à sa bonne étoile à ce point. Certains élus doivent se penser "élus", pas simplement des citoyens, mais aussi de... Dieu. Carrément.

Ministre du Budget, responsable de l'administration chargée de traquer les fraudeurs fiscaux, Jérôme Cahuzac était de ces crapules qui exfiltrent leur pognon en douce, via la Suisse, Singapour et autre paradis fiscal discret.... Belle vie pour certains billets ! Ils voyagent, eux. 

Tout en appartenant à un parti qui s'affiche volontiers comme un pourfendeur des riches, qu'un certain François n'aime pas mais qui semblent l'entourer aussi. La gauche caviar » est toujours prête à payer plus d'impôts. On comprend maintenant : ll est vrai que quand l'argent est ailleurs, c'est moins risqué.

Heureusement, on pense qu'après chaque crise, ça ira mieux ensuite.

Anne Sinclair, responsable d'un "pure player", Le Huffington Post, version française, dont l'intérêt échappe souvent, vient de commettre un article ne manquant pas d'air. Le titre : Comment endiguer cette crise morale et politique ?

Juge et partie. Crise morale, déjà bien entamée du temps de l'affaire DSK, non ? Le coup de semonce (je m'interdis de faire un jeu de mots sur semonce...) n'a-t-il pas été donné dans un certain hôtel Sofitel ?

Le discrédit moral qu'on oubliera de mentionner, c'est bien celui d'une presse qui s'attache à vendre plus qu'à faire son véritable travail de journaliste. Et l'enquête du juge Edwy Plenel ne suffira pas à sauver la profession. 

Où est l'indépendance ? Où est la pertinence dans ses affaires commerciales que l'on appelle des "journaux" ?

Pour le magazine L'Express, François Hollande est Monsieur Faible. Charmant titre. Dans un mois, le même magazine dira le contraire. Comme il l'a déjà écrit lors de la guerre du Mali. Pour les journaux, comme pour le reste, c'est la crise. Il faut vendre. Il faut que toute cette paperasse vendue chaque semaine reparte sous les bras. Quitte à prendre les citoyens pour des girouettes.

Les médias vont-ils considérer un jour qu'ils sont plus que des commentateurs mais aussi des responsables de la situation politique.

L'opinion fait tout, l'avis de la presse aussi. On ne sait plus qui se sert de qui. L'opinion, c'est elle qui dirige, maintenant et hier aussi. Il faut être Margaret Thatcher pour foncer dans le tas et imposer ce à quoi l'on croit. Quitte à laisser des hommes sur le carreau. L'extrême-gauche ne pense pas autrement et n'a pas fait autrement quand elle avait le pouvoir. A cette « Mme Cromwell » comme la nommait, dit-on, Élisabeth II, on trouve bien des défauts. Son ultra-libéralisme fait tache en France. Pourtant, la dictature de l'ultra-libéralisme fait moins de victimes que les autres. Pas de travaux forcés, pas de wagons, pas de fumées. L'agonie est moins directe, plus lente. Juste des escadrons de chômeurs et des familles brisées.

Rassurons-nous : François Hollande promet des chocs. Pour le moment, il encaisse les coups. La bagarre morale ne fait que commencer.

mercredi 20 mars 2013

La réforme des rythmes scolaires vue par Anne Roumanoff

Tu quoque Aubry !

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dimanche 10 mars 2013

Il faut que Genest se passe

Oui, c'est vrai : sortir de ma retraite pour revenir sur les propos de Véronique Genest, c'est vraiment lamentable. Sans compter que mon dernier article était sur les pavés roses oubliés de tous, depuis longtemps enlevés, reposant on ne sait où. Tout cela pour dire l'étendue de mes engagements. C'est d'un navrant. Mais le temps est bien à cette descente aux enfers.

Hier soir, ou matin, vu l'horaire on ne sait plus très bien, était invitée Véronique Genest sur le plateau de l'animateur Laurent Ruquier. L'émission est assez mauvaise, s'essouffant volontiers un peu plus au fil des années et souffrant surtout de l'absence de vrais contradicteurs, même si Natacha Polony est assez convaincante mais le roquet de gauche est un peu trop caricatural et le "format" de l'émission a vécu. Les procureurs de la télévision ne sont plus ce qu'ils étaient.

Néant qui illustre aussi un peu ce qui passe à Rouen - ou plutôt de ce qui ne se passe pas à Rouen. Rouen accueillera l'armada. Pour changer. Les bateaux, encore les bateaux. Ce sera peut être la dernière édition. Eh bien, tant mieux. Faire croire à tout le monde que Rouen vit tous les quatre ans, personne n'y croit. Rouen est morte.

Rouen n'a plus d'envie de grande ville de province mais aime avoir des considérations de gros bourg. Pour s'occuper, ici à Rouen, on préfère se réfugier dans le fait divers.

Rouen morte aime les morts.

Jean Lecanuet s'est fait honorer, gerber (nouveau mot), dans une quasi indifférence (pratiquement rien dans le journal municipal) sauf quelques politiques nostalgiques et autres névrosés du centrisme. Pour les vingt ans de sa disparition, il fallait en profiter pour revoir ses interventions à la télévision. Dans l'une d'elle, avant 1974, Jean Lecanuet, qui portait et parlait bien, critiquait Valéry Giscard d'Estaing sur son goût de la mise en scène de sa vie personnelle. Genre, cette politique, ce n'est pas la mienne. Peu après, Jean Lecanuet deviendra Garde des Sceaux. C'est beau les convictions en politique. Je recommande aussi son interview dans une voiture dans les rues de Rouen. Belle illustration de cette époque de la bagnole reine qui défigura durablement notre ville. Aujourd'hui, encore, il suffit d'un pont en moins, défoncé par des milliers de litres d'essence, pour que Rouen se défigure et morfle.

Le second mort a son mausolée improvisé au coin de la rue du Gros Horloge et de la rue du Bec. On se souvient de cet homme avec un casque sur la tête, et surtout un gros chien, un lapin, un pigeon peut être. On pensait qu'il faisait partie du décor. Un vagabond sédentaire. Et puis, quand la décoration est partie, beaucoup ont été émus. Je ne sais pas si ce n'est pas davange les animaux qui sont regrettés. Bref, on a marché pour lui. La ferveur fut plus importante que pour l'anniversaire de la mort de Jean Lecanuet. S'il avait su, Jeannot aurait moins investi dans ses brosses à dents et aurait acheté un labrador, un lapinou et peut être qu'en 1965, il aurait été élu. Faire la manche pendant des dizaines d'années est plus populaire qu'être maire de Rouen. Yvon Robert sait maintenant ce qu'il doit faire pour être aimé durablement et rester à la mairie (en plus, de faire tomber Valérie Fourneyron dans les escaliers).

Politique fiction, version 30 millions d'amis.

Le troisième mort a eu son visage absolument partout dans la ville. C'est un peu comme les histoires d'enfants disparus du domicile. On communique beaucoup sur la disparition, on fait des battues. Par contre, la piscine qui se trouve dans le quartier, personne n'y pense. Ici, la piscine, c'était la Seine.

Mortelle noyade, comme l'a titrée Paris Normandie.

Non mais il fait bon vivre à Rouen. Quand il ne fait pas un gris mortel et que la pluie cesse, le ciel se pare d'un beau bleu azur mais là, ce sont les pics de pollution qui se pointent. Faut savoir ce qu'on veut.

Entre l'odeur infecte de mercaptan qui nous a un peu tous contaminé les narines, Rouen, qui se veut un "R de capitale, a décidément juste un drôle d'air de capitale.

Tout cela nous éloigne de Véronique Genest. La comédienne se lance en politique. Hier soir, ce fut son grand plongeon. Elle a fait "splash" (émission pourtant diffusée sur TF1).

Faut dire que venir se présenter en suppléante d'un candidat alors qu'on connaît assez mal son programme, c'est gênant. Le point Godwin a été très vite atteint quand Véronique Genest, après s'être empêtrée dans le sempiternel et insoluble conflit israélo-palestinien, a parlé de Mein Kampf, comme étant le livre le plus vendu dans le monde musulman, selon elle.

On imagine que les journalistes qui ne s'occupent pas que de faits divers et rémunérés comme tels, enquêteront sur le sujet.

Donc, prenez Israël, les Palestiniens, rajoutez Mein Kampf, mélangez avec une islamophobie mal formulée et voilà, boum, ça explose.

On ne sait pas comment mais hier, étrangement, nous avons évité le déclenchement de la Troisième Guerre Mondiale.

A Rouen, reposons-nous donc en paix.